A MGR BELMONTE, CAMÉRIER SECRET DU PAPE
Il s'agit d'un projet de Bref sur les couvents de Retraite des Récollets.
[Rome, . . . .]
Monseigneur,
Que la grâce de l'Esprit saint soit dans votre cœur.
Ne vous ayant pas trouvé chez vous, je supplée à ma visite manquée en vous écrivant.
Je me suis présenté à notre Reverendissime Commissaire-Général, que j'ai trouvé fort enclin à pousser notre affaire en avant. On a modifié les deux points en question ; dans le second, afin d'indiquer l'idonéité des Discrets, on a ajouté quelques mots qui l'éclaircissent
(1) 40e de l'odi t. ital.
suffisamment, comme vous le verrez sur la feuille cijointe que je vous envoie.
Le quatrième point, qui parle de l'expulsion, a été totalement renouvelé; c'est lui-même qui l'a dicté; seulement j'ai ajouté à la fin quelques mots qui étaient indispensables, ainsi que vous le verrez pareillement.
Du reste, le Reverendissime Général prête la main â tout ; reste maintenant que notre cher et affectionné Mgr Belmonte veuille bien nous faire la grâce de donner le pas à notre affaire sur celle des Portugais, en y consacrant toutefois le temps nécessaire. En effet, les Portugais sont loin d'ici, et les complications de leur affaire exigent qu'elle soit pesée à loisir*.. Nous, au contraire, nous touchons à son cœur, et il peut nous contenter sans se donner de peine. J'espère qu'afin de tranquilliser tous ces religieux, il nous accordera la faveur que je réclame.
Quand vous aurez fait la minute, Monseigneur, il suffit que vous me fassiez signe, et je viendrai au jour et à l'heure qui vous iront le mieux.
Je vous envoie ci-joint les deux Oraisons qui ont pour objet d'obtenir de vivre saintement, dans une résignation absolue à la très sainte volonté de Dieu, au milieu même du tumulte des affaires, et de faire une sainte mort, ce point capital d'où dépend notre éternité. Notre Saint-Père en fait usage et s'en trouve très bien ; j'espère qu'il en sera de même de vous, Monseigneur, à qui frère Léonard se donne de tout cœur.