‹ Œuvres complètesChapitre 135 sur 155 · AU PAPE BENOIT XIV · texte numérisé non relu

AU PAPE BENOIT XIV

Remerciements. — Tracasseries de la Régence de Florence contre les religieuses ; attachement des habitants pour le Saint. — Son arrivée à Lucfjues,

[Lucques, le 15 mat 47S1.] ThÈS SAINT PÈRF,

Que la grâce de l'Esprit ?aint soit toujours avec Votre Sainteté. •

J'ai été agréablement informé par mon bienfaiteur

(1) 83« de l'édit. ital.

particulier Mgr Belmonte, de la faveur spéciale que Voire Sainteté a daigné accorder à notre pauvre couvent de Saint-Bonaventure, je veux parler des exemptions de droits pour le plomb et l'étain nécessaires au conduit; il m'incombe l'obligation de vous remercier très humblement de tant de bontés, très saint Père, et, à cette occasion, je vous informerai de notre arrivée à Lucques.

Avant de partir de Floreuce, je n'ai pas peu travaillé dans cette ville; pour correspondre au zèle de l'Archevêque, je me suis employé à tranquilliser les religieuses ; j'ai visité une quarantaine de monastères environ, prêchant jusqu'à quatre ou cinq fois le jour; j'ai remédié à beaucoup de troubles, en les délivrant des appréhensions que leur causent les dispositions de la Régence ; celle-ci ne veut plus qu'on reçoive des étrangères, et quant aux personnes de la ville, si elles veulent se faire religieuses, il faut qu'on les reçoive sans dot. Il est manifeste que le gouvernement est mu par un motif d'intérêt et tend à détruire peu à peu tous les établissements religieux. Pauvre Florence, dans quel misérable état elle se trouve 1

A notre départ, pour éviter les rassemblements tumultueux, comme notre couvent est situé hors de la ville, nous sortîmes de fort bonne heure et nous suivîmes les murs d'enceinte en dehors; mais arrivés à la dernière porte voisine du fleuve, où nous devions descendre dans la nacelle, nous trouvâmes une foule compacte qui nous attendait, et ce ne fut pas sans peine que nous parvînmes à nous embarquer; alors, debout sur la poupe, je leur adressai une allocution pour les exhorter à fuir le péché et à fréquenter les sacrements, et après leur avoir fait faire à tous un acte de contrition, je les laissai fondant en larmes.

A notre entrée à Lucques nous vîmes venir à notre

rencontre quelques membres du Chapitre et un grand nombre de fidèles ; en même temps arriva l'archiprêtre de Scaricalasino, religieux Olivétain. La présence de ce dernier fut un sujet d'affliction pour les fidèles de Lucques, parmi lesquels le bruit se répandit aussitôt que l'Archiprêtre était venu pour nous emmener dans ses montagnes. Mais je leur fis entendre que pendant les mois de mai, de juin, de juillet et d'août tout entiers, je me consacrerais aux besoins de ce diocèse, et qu'au commencement de septembre seulement, nous nous rendrions à la paroisse de Scaricalasino; on y fera trois missions, comme il a été convenu avec l'Archiprêtre. Il m'a cspendant inspiré certaines appréhension?, en me faisant observer qu'ordinairement vers la mi-octobre les neiges commencent à tomber dans ces contrées-là; mais de bons soldats ne doivent pas s'épouvanter pour si peu de chose, d'autant plus que l'usage s'est introduit de nos jours de faire la guerre même en hiver; comment donc laisserions-nous de combattre contre l'enfer par crainte d'un peu de froid?

Certaines circonstances ont empêché de commencer aussitôt la mission à Lucques; on en fera cependant l'ouverture le jour de l'Ascension. Entre temps, je procure des consolations spirituelles aux religieuses; car, dès mon arrivée, tous les couvents se sont mis en émoi. Mais que le terrain est bien plus ferme ici qu'à Florence ! On trouve quantité de religieuses d'une haute perfection : et ce qui ne contribue pas peu à un si grand

bien, c'est la vigilance et le zèle de ce bon Archevêque

(Le reste manque.)

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