LEON BLOT
Parfois je sens, mourant des temps où nous vivons. Mon immense douleur s'enivrer d'espérance. En vain l'heure honteuse ouvre des trous profonds, En vain bdillent sous nous les désatres sans fonds Pour engloutir l'abus de notre dpre souffrance, Le sang de Jésus-Christ ruisselle sur la France.
Le précieux Sang coule à flots de ses autels Non encor renversés, et coulerait encore Le fussent-ils, et quand nos malheurs seraient tels Que les plus forts, cédant à ces effrois mortels, Eux-mêmes subiraient la loi qui déshonore. De l'ombre des cachots il jaillirait encore,
Il coulerait encor des pierres des cachots. Descellerait l'horreur des ciments, doux et rouge Suintement, torrent patient d'oraisons, D'expiation forte et de bonnes raisons
Contre les lâchetés et les « feux sur qui bouge » I Et toute guillotine et cette Gueuse rouge... !
Torrent d'amour du Dieu d'amour et de douceur, Fût-ce parmi l'horreur de ce monde moqueur, Fleuve rafraîchissant du feu qui désaltère, Source vive où s'en vient ressusciter le cœur Même de l'assassin, même de l'adultère.
Salut de la patrie, ô sang qui désaltère 1