‹ Œuvres complètesChapitre 61 sur 91 · LES MORTS QUE · texte numérisé non relu

LES MORTS QUE

Les morts que Ton fait saigner dans leur tombe

Se vengent toujours.

Ils ont leur manière, et plaignez qui tombe

Sous leurs grands coups sourds.

Mieux vaut n'avoir jamais connu la vie, Mieux vaut la mort lente d'autres suivie, Tant le temps est long, tant les coups sont lourds.

Les vivants qu'on fait pleurer comme on saigne

Se vengent parfois.

Ceux-là qu'ils ont pris, qu'un chacun les plaigne,

Pris entre leurs doigts.

Mieux vaut un ours et les jeux de sa patte, Mieux vaut cent fois le chanvre et sa cravate, Mieux vaut l'édredon d'Othello cent fois.

Otoi, persécuteur, crains le vampire

Et crains Tétrangleur :

Leur jour de colère apparaîtra pire

Que toute douleur.

Tiens ton âme prête à ce jour ultime Qui surprendra l'assassin comme un crime Et fondra sur le sol comme un voleur.

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