‹ Œuvres complètesChapitre 7 sur 91 · BN LUI ENVOYANT UNE PENSÉE · texte numérisé non relu

BN LUI ENVOYANT UNE PENSÉE

Au temps où vous m'aimiez (bien sûr?), Vous m'envoyâtes, fraîche éclose, Une chère petite rose, Frais emblème, message pur.

Elle disait en son langage Les « serments du premier amour» :

Votre cœur à moi pour toujours Et toutes les choses d'usage.

Trois ans sont passés. Nous voilai Mais moi j'ai gardé la mémoire De votre rose, et c'est ma gloire De penser encore à cela.

Hélas ! si j'ai la souvenance, Je n'ai plus la fleur, ni le cœur.

Elle est aux quatre vents, la fleur.

Le cœur? mais, voici que j'y pense,

AMOUK 29

Fut-il mion jamais? cnlro nous?

Moi, le mien bat toujours le mCmp, Il est toujours simple. Un emblème A mon tour. Dites, voulez-vous

Que, tout pesé, je vous envoie, Triste sélam, mais c'est ainsi, Cette pauvre négrcsse-ci?

Elle n'est pas couleur de joie,

Mais elle est couleur de mon cœur; Je l'ai cueillie ù quelque fonte Du pavé captif que j'arpente En ce lieu de juste douleur.

A-t-elle besoin d'autres preuves?

Acceptez-la pour le plaisir.

J'ai tant fait que de la cueillir, Et c'est presque une fleur-des-veuves.

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