LETTRE LVIII
A UNE PRIEURE DES RELIGIEUSES CARMELITES
Comme les religieuses doivent être disposées pour donner leurs sufjrages sur la réception d'une novice.
La grâce de Jésus-Christ Notro-Seigneur soit avec vous pour jamais. La charité que je dois à N. m'a fait désirer que vous reçussiez sa sœur dans votre maison, non pour obliger les sœurs de l'admetlre à profession, mais pour leur donner moyen de faire un nouveau jugement sur sa vocation, par une nouvelle épreuve aux exercices de la religion. Je leur laisse donc la liberté entière d'en juger ; et je dois et désire remettre à elles la décision de cette action. Ce que je vous prie leur faire entendre de ma part, afin qu'elles se disposent selon Dieu à suivre en ce jugement la conduite de sa grâce. Je ne désire pas que vous aj)portiez envers les sœurs aucune induction do votre part ni de la mienne, mais seulement que vous les exhortiez à mettre leur esprit entre les mains de Dieu, alin qu'il les conduise dans ses voies et volontés. Le Fils de Dieu est descendu en teri-e par le mystère de l'Incarnation; il descend souvent en vos cœurs par le mystère de l'Eucharistie; c'est afin que son esprit vive et règne en vos cœurs et en la terre. Et tous vos soins et exercices doivent tendre à cette fin : que le royaume de Jésus s'établisse en vous; que si sa puissance doit régner en toutes vos actions, pensées et dispositions, beaucoup plus en une action si sainte et si importante, comme celle qui détermine la vocation des âmes, que vousdevez donnera Jésus-Christ Noirebeigneur et à la très-sainte Vierge, pour les honorer et sei'vir parmi vous. Je vous prie faire entendre ceci de ma part à N., et lui faire connaître l'obligation (ju'elle a d'entrer en la même disposition que je déclare en la jirébente devoir être suivie de la communauté. Je n'estime pas que vous deviez induire Mgr l'évêque de N. d'aller à Angers pour vos affaires particulières, en l'obligation qu'il a de travailler à autre chose et d'être dans un autre diocèse. Usez de cet avis sans en faire aucun semblant, ni à lui ni à autre. Je supplie Notre-Seigneur Jésus et sa très-sainte Mère de vous bénir toutes et vous rendre dignes de les servir en la perfection qu'ils désirent de vous.