‹ Œuvres complètesChapitre 344 sur 540 · LETTRE XCII · texte numérisé non relu

LETTRE XCII

A UNE RELIGIEUSE CARMÉLITE

La grAce de Jésus-Christ Nolre-Seigneur soit avec vous pour jamais. Je vous remercie du soin que vous avez eu de délivrer mes lettres en main projire à N. et m'en faire avoir réponse, et vous sup[)lie de continuer. Je vous prie aussi me mander quelle a été cette pensée que je ne devais refuser dignité, et quelle digiuié? si c'est chose qui ait été imprimée en votre esprit, en manière considérable et avec ordre de me le faire savoir? Priez beaucoup qu'il plaise à Notre-Seigneur Jésus et à sa trèssainte Mère, nous disposer à leur a|)parlenir et à les servir en l'usage de notre vie sur la terre. Je suis en eux.

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Il lui donne })lusieurs instructions très-utiles pour se rendre dans une parfaite soumission à la conttuile, sans s'arrêter au peu de correspondance qu'elle y ressentait.

La grâce de Jésus-Christ .Noire-Seigneur soit avec vous pour jama;s. J'ai re(;u votre lettre et j'ai compassifju de vos croix. Je voudrais y pouvoir remédier par ma présence, mais Dieu ne me donne pas encore celle liberté. Si je; puis en quelque autre nïanière y pourvoir, je vous prie de me lo faire savoir. Le remède intérieur au regard du premier [Hunt de votre lettre, ipii e^l du peu de corresponcJance h l'esprit d'aulrui , requiert en nous un humble assujettissement à l'esprit de Dieu, un délaissement et abnégalion de notre esprit particulier comme d une chose de néant en la présence de Dieu, une révérence à l'esprit (Je Dieu présent et opérant en ses créatures et en celle au regard de la(juelle nous sommes traversés, et un res[)ect à l'autorité de Dieu résidente en autrui, sans vue et sans égard aux circonstances et conditions particulières do la personne. Accoutumons-nous de bonne heure à ne point voir nous-nêmes ni autrui, à ne voir et n'estimer que Dieu, à ne faire difierence aucune de ce qui n'est rien au regard de notre éternité, et nous perdons ainsi dans l'excès des vérités divines et des intérêts éternels. Ne nous retrouvons jamais qu'en Dieu et en son éternité, où sont absorbées toutes les créatures et toutes leurs ditîérences. Il nous les faut supporter avec humilité et patience, mais en les supportant, il les faut oublier comme chose qui n'est point, [)uisque Dieu seul est et ce qui regar(Je Dieu, et que tout est un pur néant en sa sainte présence. Je loue Dieu de la facilité qu'il vous donne à la retraite ; c'est la vraie dis|iOsilion de la vie intérieure à laquelle l'ordre est ap[ielé, c'est une grâce qui est origine de f)lu5ieurs autres grâces, mais il la faut employer en s'occupant do Dieu, de son Fils unique, de ses grandeurs et mystères, de ses conseils et volontés sur nous, et non pas de nous-mêmes et de nos peines; et à l'entrée de nos chambres ou celles, il faut prendre l'oubli de nous-mêmes et des choses créées, et n'en tirer autre effet que notre humiliation devant Dieu P'Our ne nous souvenir et occuper que de lui. Nos peines sont ordonnées pour nous exercer, mais non pour nous occuper ; pour vaincre nous-mêmes en icelles et non pour les suivre ; pour honorer Dieu en les supportant, et non pour nous satisfaire en y d(Jhérant. Souvenez-vous des labeurs et des [teines de Jésus en opérant notre salut. O quelles étaient ces j)eines I ô combien différentes ! ô combien divines ! ô combien dignes d'occuper nos es|»rits 1 Pensez à icoUcs, et vivez toutes en Jésus, en ses labeurs, en sa croix et en sa gloire. Je le suftplie et la très-sainte Vierge d'être avec vous pour jamais, et vous diriger en I^urs voies.

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