‹ Œuvres complètesChapitre 357 sur 540 · I.FTTIIES. — I · texte numérisé non relu

I.FTTIIES. — I

A13X UELIGIEUSF.S CARMELITES.

[Mnir no vous sj^ii.ircr poi.ii do Jésus cl do j;;, In^s-snirilo oiif.wico, do ln(|uollo col éUil fnil pnrlic; l'ial do .s(iuirrari(;o ol do r;i|>livilé loiil oiisfMiihle, (''l«l doiil los grandeurs et qiialiltVs sont iinonmios ol riiômo iiu'coiiiiuo-^. élal aïKjind Jésus ol Mario soiil |)rivés de l'Iinlulalion du |»on|il(' d<' 1)1011 ; lui l'ils unicpK» iJo Dieu, ol ollo Mcto do Diou. l'Iaisc h Jésus ol à Mari(î vous prciidro en Icurcoiiduile ol proloi'lion, ol vdus donnor part aux grA(;cs acquises et opérées eu ce sujet et éuit.

IV. Toute âuie reçoit sa sanclification do la i^rAce qui n'osl qu'une ouianaiiou de la divinilé, c'est-à-dire un aocidcnl ol (jualilé éuianéo de Dieu, utie saiiile odour de la sainteté qui esl eu Diou luéine, ol une idée et imago de sa st'nd)lan( e, el onlin un ellot créé, iidiniinoiii distant de la beauté, de la sainteté ot de la dignité de cet être incréé. Kl toutol'ois l'ûnio (^ui reçoit ceilo grâce, devient si excel lento, (pie Diou la roganianl, il la juge digne do son amour et do su gloire. Que sera-ce donc de l'âme de Jésus-Clinsl qui n'est pas sanciiliée par colle grâce accidoaiolle comme la nôtre; mais par la môme divinité qui subsiste en la (Jivinilé, qui agit par la divinité, (jui esl remplie do la divinité, el qui a la même subsistance qu'a l'essence divine. En sorte que comme Diou est saint et subsistant [)ar soi-même, aussi cette âme esl sainte et subsistante immédiatement par la divinité, el non [>ar un elfel créé et émané de la divinité. Or, si Dieu même, Dieu, dis-jo, dans sa lumière, sa periection el sa dignité inlinie juge une âme sanctifiée de celle grâce accidentelle, digne pour jamais de son amour el de sa gloire, que devons-nous juger, nous, de celle âme déiliée de Jésus-Chnsl? Combien est-elle digne de notre amour? combien digne de recevoir de nous toute la gloire que nous lui pouvons rendre, nous qui ne sommes que de petits vers de terre? El puisque Dieu daigne glorifier les âmes saintes, que los âmes sanctifiées par Jésus-Christ le glorifient el établissenl toute leur gloire en son âme déifiée. Dieu a mis son essence el sa gloire en celte Ame, et nous y devons aussi mettre notre gloire.

V. Je vous prie que vous honoriez la vie languissante de Jésus en la croix, el tous les moments d'icelle, el que vos [)eines soient référées à l'honneur spécial du Fils rie Dieu, en ces trois heures qu'il fut attaché et soutFrant en la croix. O quelle vie ot quelles langueurs 1 Vie el langueurs d'une âme déifiée el glorieuse, vie et langueurs si peu connues, el qui méritent tant d'honneur du ciel et de la terre 1 honorez ce qui vous esl inconnu d'un si divin sujet, et unissez vos désirs à honorer choses si grandes, à l'honneur que la Vierge et Magde- Jeine en particulier rendirent lors, el ont rendu depuis à (;eile vie soutfranle et languissante de Jésus, de laquelle ils ont eu tant de part et tant connaissance. Je les supplie d'être avec vous, elde vous disfiosor

OElVRES COMPL. de de BÉRILLK,

au\ âme

vouloirs de Jésus-Christ

LKi'TItK ex

sur votre

EXTRAIT DK LKTTRKS A DKLX BI^LIGIELSES CARMKLITK-..

I. Le wj/slcre de la nativité de Jésus est un niyslire de vie et de mort. — II. Dévotion à In divine rssmre et à la très-sainte Trinité. — III. Dévotion pour le moment de la mort. — IV, Dévotion aux soufj'ranns et à In mort de Jésus, à une dme que Dieu conduisnit par le chemin de la croix.

I. La grâce do Jésus-Christ Notro-Soigncur soil avec, vous pour jamais. Los âmes sont à Jésus et non à elles, et ne doivonl opérer que [tour lui el par lui. Demandez-lui souvent la conduite de son esfirit en ses œuvres, et 0|iérez los œuvres de Jésus \\i\v fosprit de Jésus ot non |»ar le vôtre. Kogardez colle fondation nouvelle on colto qualité, tl recourez à sa très-sainte IMère, h ce qj'elle vous obtienne l'esprit de son Fils, et daigne vous donner encore quelque part on elle et en la grâce de la sainte nativité de son Fils auquel nous avons otfert cl dédié votre maison. Mystère de Jésus el de Marie tout ensemble, mystère de naissance et de vie, mystère de vie souffrante (îl mourante, puisqu'on icelui Jésus [)rend vie pour mourir, au lieu qu'en sa naissance divine el éternelle il reçoit vie [lour vivre d'une vie impassible et éternelle. Mystère donc qui vous doit toutes lier au Fils de Dieu el à la Mère de Dieu tout ensemble. Mystère qui vous doit donner entrée en une nouvelle vie, cl vous doit être comme principe et source d'un nouvel être; mystère encore qui vous doit induire à une vie vraiment vivante à Jésus, el mourante à vous-mêmes. C'est ce que je vous souhaite à toutes, et ce que jo voudrais être digne de vous obtenir, et ce que je vous jirie obtenir pour moi-même.

IL Continuez dans les voies intérieures, en humilité ot simplicité, en adhérence à Jésus el à .8 très-sainte Mère, et à leur voie et conduite sur votre âme. Persévérez en rap[>lication de votre âme à la divine essence et à la Trinité sainte, et ce plus par révérence que fiar intelligence, et par simplicité plus que par art el conduite. Car cet objet incréé est si distant el élevé par-dessus tout être créé, que nous avons plus à nous [)erdre et abîmer en lui que non pas à le connaître, ot nous avons [)lus à lui appartenir fiar ses propres opérations secrètes que j'ar nos pensées et concejitions [larliculières. Désirez d'être et d'appartenir à cette divine essence, si intime, si présente et si opérante ; par les voies qu'il lui plaira ordonner .sur votre âme, sans votre connaissance, sans vous conlenler ou limiter à celles que vous pouvez penser et former en vous.

m. En celle vie nous devons vivre entre la crainte et l'es[)érance, craindre par humilité et espérer en la miséricorde de Dieu. Je désire que vous recommandiez tous les jours l'inslant de votre mort à Notre-Sei-

gneur Jésus-Christ, et h trois instants qui doivent être grandement honorés en lui, savoir: l'instant de l'union du Verbe avec la sacrée humanité au ventre de la Vierge; J'instant de la désunion de son âme sainte d'avec son corps saint en la croix , et l'instant auquel son âme est réunie à son corps déifié dans le sépulcre le jour de la résurrection pour jamais ne l'abandonner. Honorez aussi toutes les faiblesses et les dérélictions de Notre-Seigneur en sa sainte passion, et le priez que {)ar icelles il ne vous délaisse point.

IV. Prenez tous les jours un temps pour honorer les soullVances de l'âme déifiée de Jésus et (ie son saint corps, et celles encore de l'âme et du corps de la Sainte- Vierge, et désirez d'honorer par les souffrances de votre âme, ceHes de cette sainte âme de

CARDINAL DE BERULLE. 1452

Jésus et celles de la Sainte-Vierge. Honorez aussi la séparation de l'âme du Fils de Dieu d'avec son saint corps, et la dignité des souffrances ne cette âme en cette séparation, et désirez d'honorer [)ar l'avilissement de votre mort l'anéantissement de la mort du Fils de Dieu, vous résignant tous les jours à mourir quand il lui plaira , et de telle mort qu'il lui [)laira, pour honorer sa mort et ses souffrances. Mettez chaque jour le moment de votre mort en la protection de Jésus et de la Vier.ge sa Mère, et des saints auxquels vous avez dévotion particulière, et ayez aussi dévotion et recours aux saints qui ont donné leur vie par souffrance [)0ur Jésus-Christ, et vivez en une entière séparation de toutes les choses créées et encore de vous-même.

Page 1