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AITEMUŒ.
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ia congré^calion v(mU <iue nous avons tous un pfllriuioinc, mais dnns l'usflji^c (jue nous on (lovons fiaiv, et dans lo dcHnchcnicnl où nous devons vivre de Ions les avantages (Je «o monde; clcVvl |iro|trenienl en cela i|uc consiste la pauvreté e((lésiasli(|ue. Pour la pra- 1i<iuer selon l'esprit de l'Oratoire, il faut se del'.iiro génOralenicîil de tout re (|ui est superllu, el (jui ne nous est point nj'ccîssaire, Ifltil en ce qui regarde les livreset les nieu- })lcs (pi'en ce ijui regrirdc les liahils, la nourriture et les autres besoins du corps ; il faut m^^nie, dans les choses nécessaires dont on usera, clierdier les moindres et les plus simples, en sorte que la vitIu de pauvreté éclate toujours dans nos cliand)rcs, nos lialuts, notre nourriture, nos vo.vages et dans tout nous-mêmes. Désirer et se ronlentcr, f>ar un plus grand anéantissement et jiour notre nvanccmcnt spirituel, d'avoir les choses les plus basses et les plus viles de la maison.
Se réjouir de se voir quelquefois dénué deschoses les filus nécessaires à la vie, car c'est en cela qu'on est vraiment pauvre d'esprit et parfait imitateur de Jésus-Christ, et supporter, dans les mômes dispositions de pauvreté à l'exemple du souverain prêtre, la faim et la soif, le froid et le chaud, la lassitude et la privation de bien d'autres petits adoucissements de la vie.
Si l'on a du bien de son patrimoine, n'en prendre précisément que ce qui est nécessaire, et tout le reste doit être employé pour Jes pauvres, ou [)Our soulager nos maisons, soi» en payant pension, ou aumoins ens'eniretenant d'habits et autres choses nécessaires. Se donner bien de garde d'imiter certains sujets de l'Oratoire, qui ne font que des déuenses inutiles, frivoles et criminelles de leurs biens, sous prétexte qu'on n'a pas fait vœu de pauvreté. Regarder tout ce
3ue la maison vous donnera comme le bien es pauvres, et comme une aumône que la congrégation vous fait, de laquelle vous n'êtes pas digne, quand même vous travailleriez jilus qu'un autre. Celte disposition ne vous ])ermettra point de murmurer et de vous jdaindre, quand les choses ne seront pas selon vos idées, et quand il faudra supporter Jn privation de bien des choses même nécessaires ; elle vous fera regar(Jer le bien de la communauté même jusqu'aux plus petites choses, comme le bien de Dieu môme, dont vous devez par conséquent avoir un trèsgrand soin et que vous devez conserver ave(; lidélilé et exactitude, surtout les li.vres et les habits ; ne changer d'une chambre à une autre sans permission, et no laisser rien gâter.
11 faut bien prendre garde de thésauriser ; cela est indigne d'un ecclésiastique, et encore plus d'un prêire et d'un bon frère de l'Oratoire.
On peut bien avoir quelque peu de réserve mais sans attache, et le donner facilement dans le besoin des pauvres. Si l'on n'a pas de bien, n'en être pas fiché ; en remercier au contraire Jésus-Christ nous délivrant de bien des occasions de nous reldoher, et nous facilitant rexercice de la pauvreté. Quand on
sent un peu trop d'.ittai lie pour qiiclqne cliosf», et (pi'ori .^erait tiiortilié d'en être privé, il faut s'en défaire au plus tôt, afin de faire nKturir en soi jusqu'au plus petit atlacbemoni qui ne laisse pas d'occuper uno [tlace dans notre cdur, et y affaiblir le règne de Jésus-Clirisl.
Outre «x'tle pauvreté de biens temporel»-, il faut se contenter des talents (|ue Dieu nous a donnés, soit pour les sciences, soit pour les voies intérieures de la grAce. litre bien aise do ce que lo bon Dieu ne nous a pas donné (leut-être des talents qui nous relèvent au-dessus des autres, et le bénir si on ne tient pas grand compte de nous, au lieu de nous en allliger. N'enviez point intérieurement le talent des autres, et n'alfeitez point de vouloir [)araître savant et habiUî dans les conversations ; aimez beaucoup la vie cachée et inconnue et les emplois qui no sont pas fort estimés au monde, quoiqu'il n'hait rien debasdans le service de Dieu. Avoir dévotion, comme le dit la 12' |). de Goudran, aux œuvres délaissées, et 5 tout ce que le monde fuit. Agir avec tout le monde aveu beaucoup de simplicité, d'humilité, évitant les airs impérieux, arrogants et décisifs ;iiî ceux qui veulent s'en faire accroire. Aimer à converser avec ceux qui ne |)araissent pas avoir un gran'i génie, et se donner de garda de les mépriser et de les railler. Kt pour ce qui est des voies de Dieu, de désirer la perfection avec un extrême dégagement de nous-mêmes et de notre propre excellence, et seulement pour accomi)lir sa sainte volonté. Se contenter des grâces qu'on a reçues de Dieu sans envier les grandes communications qu'il en fera à d'autres. Aimer non ses défauts, mais l'humiliation qu'il y a de se voir plein de défauts, et reconnaîlro sincèrement que l'on ne mérite pas que Dieu nous en délivre. Dans les sécheresses et les soustractions de grâces, se résigner intérieurement à la volonté de Dieu, et se plaira h sentir sa [lauvreté et impuissance intérieure. N'atfecter rien d'extraordinaire, ni de singulier dans la piété, mais se tenir dans les bornes de l'humilité et de ia simplicité chrétienne, et dans la régularité d'une communauté.
Ce sont là les véritables pauvres auxquels le royaume des cieux est promis, qui doivent vivre non-seulement dans le renoncement de toutes choses de la terre, mais môme de leur pro[)re esprit, de leur propre volonté, et même des dons de Dieu.
Pf^tur attirer sur vous ces dispositions, adorez Jésus-Christ dans son extrême pauvreté, qu'il a pratiquée dans la crèche et sur la croix, et pendant tous les travaux de sa mission, n'ayant pas où reposer sa tète, vivaD\ d*aum()nes, et ne se plaisant à converser qu'avec les pauvres gens, donnant sa malédiction aux riches : Vœ vobis divitibus {Luc. VI, 2i), fuyant les honneurs et les louanges, et tout ce qui se ressent de l'éclat et de la commodité des richesses. Remettezvous souvent devant les yeux la" vie pauvre, simjde , humble et laborieuse des apôtres dont nous sommes les successeurs, et do