Marie Stuart
L e Recueil
Pour elle-mesme.
Là grand’ Minerve et la Pallas de France Loin des mortels ont chassé le discord :
A l’Olivier l’une donne naissance,
L’autre le fait revivre après sa mort.
Duc de Lorraine.
Achille estoit ainsi que toy formé ;
Dedans tes yeux est Venus et Bellonne ;
Tu semblés Mars, quand tu es tout armé, Et desarmé, une belle Amazonne.
Duchesse de Lorraine.
Ainsi qu’on voit dedans la Poussiniere Sur tous un Astre apparoistre plus beau ; Ainsi paroist sur toutes la lumière De ton esprit qui luit comme un flambeau.
Duchesse douairière.
La belle Paix abandonna les Cieux Pour accorder l’Europe qui t’honore,
Et se venant loger dedans tes yeux Elle pensoit dans le Ciel estre encore.
Duchesse de Guise.
Venus la saincte en ses grâces habite , Tous les Amours logent en ses regards, Pour ce à bon droit telle Dame mérité D’avoir esté femme de nostre Mars.
des Mascarades.
Pour Madame de Guise douairière.
Pareil plaisir le mere Phrygienne Reçoit, voyant ses fils auprès de soy,
Que tu reçois, ô mere de Guysienne,
Voyant tes fils tout à l’entour du Roy.
Pour la Royne d’Ecosse douairière.
Je suis en doute, ô guerriere Camille ,
Duquel des deux plus d’honneur tu auras,
Ou pour avoir une si belle fille,
Ou pour avoir lesfreres que tu as.
Pour Monseigneur le Cardinal de Lorraine
et Duc de Guise son frere.
Allez Lauriers, environner les testes De deux Lorrains , à l’un pour son sçavoir Comme à Mercure, à l’autre pour avoir Ainsi que Mars tant gaigné de conquestes.
Pour eux-mesmes.
L’un des Jumeaux au Ciel bien souvent erre, L’autre aux Enfers d’une nue est vestu ;
Mais des Lorrains la jumelle vertu Tousjours illustre apparoist sur la terre.
Pour la Paix.
Des morions l’abeille soit compaigne ;
Le Recueil
Pendent rouillez les coutelas guerriers ;
Dans les harnois tousjours file l’araigne,
Et les lauriers deviennent oliviers !
Pour les Nopces.
Vien, Hymenée, et d’un estroitlien Comme un lierre estroittement assemble Le sang d’Austriche au sang Valesien Pour à jamais vivre en repos ensemble.