POUR LA STATUE DE FRANC ION
Qui ornoit un arc de triomphe eslevé à la porte Sainct-Denis.
Ce prince armé, qu’à la dextre tu vois,
Est Francion, le tige des François, Enfant d’Hector qui vint sans compagnie, Comme banny, habiter Chaonie ;
Delà, poussé par l’oracle, amassa Peu de vaisseaux et la mer traversa Et vint bastir, près la mer Istrienne,
Une cité dite Sicambrienne ,
Fist alliance à la fille d’un roy Qu’il laissa grosse et enceinte de soy,
Puis, se rendant la frayeur d’Allemagne, Comme un esclair foudroya la campagne, Passa le Rhin, et sur Seine Paris Fonda du nom de son oncle Pâris,
Luy, faict vainqueur par une prompte guerre
Le Recueil
Des plus grands roys de la Gauloise terre, Finalement mourut entre les siens Non gueres loin des champs parisiens.
Longtemps apres, de ceste Royne enceinte, Vint une race au faict des armes crainte ,
Un Marcomir et ce grand Pharamond De qui l’audace est peinte sur le front.
Ce Pharamond qui avoit pris naissance De la Troyenne et Germaine alliance,
Et du destin et d’ardeur animé Suivy de gloire et d’un grand peuple armé , Traçant les pas de Francus son ancestre, Reconquit Gaule et soubs luy feist renaistre Les murs tombez de Paris, et des lors Les renforcea de rem pars et de forts;
Et se bravant d’une telle conqueste Jusques au ciel luy feit lever la teste,
Honneur fameux des cités du jourd’huy.
Les Roys François sont descendus de luy De pere en filz, d’une immortelle suitte.
Telle ordonnance au ciel estoit predicte,
Que tous nos Roys , tant païens que chrestiens , Seroient ensemble Allemans et Troyens ,
Et de rechef la race est retournée Par le bienfaict d’un heureux hymenée,
Pour conquérir, comme il est destiné,
Le monde entier soubs leurs loix gouverné.
POUR LA STATUE