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LIVRE IV, ODE VIII II

A CASSANDRE FUIARDE »

Ode VIII

Tu me fuis d'une course viste ^ Comme un fan qui les loups évite Allant les mammelles chercher De sa mère pour se cacher, Sautelant de fraieur ce semble 3 Si un rameau le vient toucher :

Car pour le moindre bruit que face D'un serpent la glissante trace, Et de genous, & de cueur tremble :

Mais ma vie, & mon ame ensemble

Éditions. — Quatre premiers livres des Odes (IV, viii), 1550; (vi) 1553; (^") iS$5- —Œuvres (Odes, IV, vu), 1560, 1567, 1571, 1573. — Supprimée en XS78. — Réimprimée dans l'éd. lyonnaise de 1592, Œuvres, t. II, p. 458. — Recueil des Pièces retranchées, 1609, 1617, 1623, 1630.

Blanchemain (t. II, p. 427) ; Marty-Laveaux (t, VI, p. 86).

Titre. 6'j-'j^ sans titre.

1-6. SS'7S ^u ^^ f^is de plus vite course Qu'un Fan, la dent fiere d'une ourse, Fan qui va les tetins chercher De sa mère pour se cacher, Alongeant sa jambe fuiarde Si un rameau le vient toucher (au lieu de fuiarde Je conjecture fugace ; voir note)

10-13. SS'^o Mais toi belle qui m'es ensemble Ma douce vie & mon

1. Sur Cassandre, v. ci-dessus Odes, II, v, n. i. — La composition de cette pièce est sûrement antérieure au mariage de Cassandre Salviati (nov. 1546), d'après les derniers vers. — Cf. Ronsard p. lyr., p. 44 et 510.

2. La pièce entière paraphrase l'ode d'Horace à Chloé, Carm. 1, xxiii.

3. Dans sa 3' édition, Ronsard crut bon de changer ce vers qui lui semblait trop éloigné du vers co-rimant. Mais le nouveau texte : Alongeant sa jambe fuiarde — est inadmissible, bien qu'il soit resté dans toutes les éditions suivantes ; il ne rime avec aucun vers, soit par inadvertance du poète, soit plutôt par une erreur d'impression; je pense que Ronsard avait écrit : Alongeant sa jambe fugace — qui rimait avec les vers 7 et 8.

Ronsard, IL 8

Ne laissent de suivre tes pas, Comme un lion je ne cour pas Apres toi pour te faire outrage.

Mai donc ma mignonne un peu bas 15 La cruauté de ton courage.

Et toi ja d'âge pour te fandre Laisse ta mère, & vien aprendre Combien l'amour donne d'esbas^.

VEU A LUCINE [120 v^]

AUS COUCHES d'aNNE TIERCELIN ^

Ode IX

O déesse puissante De pouvoir secourir La vierge languissante

trépas, Comme une ourse je ne cour pas Apres toi pour te faire outrage I 6']-']^ Las I toy belle qui m'es ensemble Ma douce vie & mon trépas, Attend moy : je ne te cours pas Gomme un loup pour te faire outrage | Bl a mélangé le texte primitif et la première des deux var.

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