Et vous reveillant encore
1. Cette idée de faire raconter une fable mythologique par une jeune fille au travail, Ronsard la doit soit à Virgile, Géor^. IV, 345 (la nymphe Clymene racontant les amours des Dieux), soit à Ovide, Met. IV, 32- 415 (récits des filles de Minyas, filant la laine au milieu de leurs servantes : l'une d'elles raconte précisément l'amour de Phébus pour Leucothoé, avec des traits dont s'est souvenu Ronsard).
2. Latinisme : Sic te, diva potens Cypri... regat (cf. ci-dessus Odes, III, VI, var. des vers 9 et 13 ; IV, vi, 7-8 ; xv, 57).
3. Cette strophe est chantée ; vrai couplet d' « aubade » savante, qui a sa source dans la 13' élégie des Amours d'Ovide (quoique Ovide supplie au contraire l'Aurore de retarder sa venue). On peut voir dans cette élégie l'origine littéraire des « aubes » provençales, ainsi que dans les récits des filles de Minyas celle des « chansons de toile » du Moyen Age :par Ovide, Ronsard a plus d'un point commun avec les troubadours et les trouvères, qu'il rejoint aussi par Pétrarque.
Et bois, & eaus, & campaignes, Genner d'amour quand il veut, D'une ruse deceptive Nostre Aurore énamoura, 95 Si bien que d'elle captive
Ses trophées honora.
Elle qui a de coutume D'allumer le jour, voulant L'allumer, elle s'allume 100 D'un brandon plus violant ' :
Passant les portes decloses Du ciel, elle alloit davant Çà & là versant ses roses [129 v°]
Au sein du souleil levant 2.
105 Son teint de nacre, & d'ivoire
Le matin embellissoit,
Et du comble de sa gloire
L'Orient se remplissoit:
Mais Amour en son courage iio N'endura de la voir là.
91. //-^7 rimes compagnes... campagnes (sauf 6f) \ Sj L'air, la mer, & les campagnes