‹ Œuvres complètesChapitre 187 sur 270 · I. Cf. le lacrymarum rivas de Byblis (Ovide, Met. IX · texte numérisé non relu

I. Cf. le lacrymarum rivas de Byblis (Ovide, Met. IX

Qju'on ne voit rien de durable En ce monde que l'ennui. Ainsi disant il se pasme Sur le cors qui trépassoit, 13Î Et les reliques de l'ame

De ses lèvres amassoit ^

L'Aurore au dueil de sa plainte Mal saine perd sa couleur, Et toute se sent étrainte 140 Des laz de même douleur :

Par une nouvelle porte En elle le dard vainqueur Entra d'une telle sorte, Qu'il se feit Roi de son cueur 2.

145 Ses mouëlles sont ja pleines

D'un appétit déréglé,

Et nourrist au fond des veines

Un feu d'amour aveuglé 3,

Ja le ciel elle déprise, [130 v°]

150 Et plus d'aimer n'a souci

138. 'j8-8'] Malade perd sa couleur 140. tS-Si Au cœur de mesme douleur

1. Inspiré par Ovide, lAèt. VII, fin ; Ars amat. III, 738 et suiv. Ovide a fait parler Procris expirante, Ronsard au contraire fait parler Céphale ; mais il a pris tel quel le détail du survivant qui reçoit sur ses lèvres le dernier souffle de l'être aimé (v. encore Ovide, Met. XII, 424; Virgile, En. IV, 684, et Ronsard, éd. Bl. IV, 254 et 249 ; VII, 174 et 230).

2. Encore un trait d'Ovide : les pleurs de la personne aimée la rendent plus séduisante, Me/. VII, 750-733,

3. Cf. Virgile, En. IV, début : At regina, gravi jamdudum saucia cura, Vulnus alit venis et caeco carpitur igni.

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