jS-8y volontiers
1. Cette strophe est une « contamination » de deux passages d'Horace, Carm. II, x, 5-12 ; xvi, 9-16.
2. C.-à-d. : Ni les mets qu'offrit l'orgueilleuse Egyptienne Cléopâtre à Antoine. D'après Richelet, Ronsard aurait pensé ici spécialement au fameux festin où Cléopâtre avala une grosse perle, dissoute dans le vinaigre (Pline l'Ancien, iï/y^ nat. IX, lviii, 3-4). Le contexte indique plutôt que Ronsard fait simplement allusion à l'abondance des mets offerts d'ordinaire par Cléopâtre à Antoine (v. Pline, loc. ctt.^ et Plutarque. Vie d' Antoine , xxviii). Cf. cette strophe des Bacchanales de Ronsard (1549-52) : Qu'on prodigue, qu'on répande La viande D'une libérale main, Et les pasts dont l'ancienne Memphienne Festia le mol Rommain.
3. Cette strophe est imitée d'Horace, Carm.I, xx, début et fin. Elle rappelle encore une ode à Virgile, IV, xir, 21-24, et une épître à Torquatus, I. V, 1-6.
A CHARLES DE PISSELEU [92 v^]
EVESaUE DE CONDON '
Ode XVIII
Vous faisant de mon écriture
La lecture, Souvent à tort m'avés repris, Dequoi si bas je composoi,
Et n'osoi^ Faire un euvre de plus haut pris 3.
Éditions. — Quatre premiers livres des Odes (III, xviii) 1550. — Supprimée en 155?. — Rétablie en 1555 (III, xxiv), — Œuvres (Odes, III, xxv) 1560 ; (xxv = xxii) 1567; (xxii) 1571, 1573. — Supprimée définitivement en 1578. — Réimprimée dans l'éd. lyonnaise de 1592, Œuvres, t. II, p. 445. — Recueil des Pièces retranchées, 1609, 1617, 1623,
Blanchemain (t. II, p. 418) ; Marty-Laveaux (t. II, p. 79).
Titre. 60-^^ sans titre
3. ^^ Souvent Charles | 60 Souvent Grevin | 6']-']^ Souvent Gruiet ipn lit Gruïet en yi-y^) 4-5. SS~73 ^'i'>nes composoie... osoie | ^ovirg. après osoi (éd. suiv. corr.) 6. 71-7^ Faire une œuvre
1. Voir ci-dessus Odes, II, xviii, n. i. — Jacques Grévin, auquel Ronsard s'adresse en 1560, est l'auteur de VOlympc, recueil de sonnets publiés en 1560 avec un sonnet liminaire de Ronsard (Bl. I, 208; M.-L. I, 184), et du Théâtre publié en 1561 avec un « discours » liminaire très élogieux de Ronsard (Bl. VI, 311 ; M.-L. VI, 216). Après la violente polémique survenue entre les deux poètes pendant la première guerre de religion (1562-63), Ronsard « ôta Grévin de ses écrits » (cf. L. Pinvert, Jacques Grévin, thèse de Nancy 1899, et mon Ronsard p. lyr., p. 240 et suiv.). — Quant au nom de Gruiet, par lequel il le remplaça ici, faut-il le lire Grujet, et désigne-t-il, comme l'a pensé Blanchemain, Claude Grujet, traducteur des Dialogues de Sperone Speroni (15 51) et éditeur de VHeptaméroîi(i')'^()) ? On ne saurait l'affirmer.
2. Ces rimes masculines à cette place enlevaient à l'ode sa régularité strophique. Ronsard les corrigea dès l'édition suivante par l'emploi de la finale picarde oie ou oye, dont les Odes mêmes de 1550 offrent des exemples (v. ci-dessus II, xviii, 9 et xix, 65). Cf. VAbhrégc de l'Art poétique (Bl. VII, 333)-,
3. Ce début et le ton de toute l'ode permettent de croire que sa com-