S^-yi auquels amour (éd. suiv. corr
6. yi-8j Soumis ma destinée | Aucune séparation stropbique dans les anciennes éditions.
1. Pour la fable du pêcheur Glaucus, changé en dieu marin et amoureux de Scylla, voir Ovide, Met. XIII, 900-968. Ronsard s'est en outre inspiré du discours de Polyphème à Galatée (ibid., 789 et suiv.) ; il publiera dix ans plus tard le Cychpe amoweux, » contamination » de ce discours ovidien et de l'idylle xi de Théocrite (Bl. IV, 104) .
Si l'on en croyait Cl. Binet dans sa Fie de Ronsard, et G. Colletet qui l'a copié, cette ode serait la première que le poète eût composée. Or la raison qu'ils en donnent est fausse ; cette ode ne doit nullement être assimilée aux odes « non mesurées et impropres à la lyre » reléguées par Ronsard dans son premier Bocage, car elle est parfaitement régulière, toutes les strophes étant superposables dans tous leurs éléments rythmiques. Cf. R. H. L. 1903, p. yy^ n. 6, et mon éd. critique de la Vie de Ronsai'd, p. 109-110. — Si l'on admet avec moi que cette complainte est une allégorie, dont les personnages cachent ceux de Ronsard et de Cassandre Salviati, on peut en faire remonter la composition à 1546 au plus, comme celle de la Défloration de Léde et du Rossignol abusé, qui s'inspirent également d'Ovide et contiennent des doléances analogues (cf. Ronsard p. lyr., p. 44).
2. Cf. Théocrite, Cyclope, début ; Properce, I, ix, fin : Dicere quo perças semper in amore levât ; Pétrarque, canzone i, 4 : Perché, cantando^ il duol se disacerba. — Peut-être ce début a-t-il été suggéré aussi par des réminiscences de Virgile, Bue. 11, 65 ; v, 46-47; x, 29-30.
Hê Scylle, Scylle, lâs ! cette dolente rive S [96 r^]
Voire son flot piteus qui bruiant i arrive Des salées campaignes 10 Me plaint & me lamente, & ces rochers oians Mon dueil continuel de moi sont larmoians :
Seule tu me dédaignes ^.
Ce jour fut mon malheur, quand les Dieus marins eurent Envie sus mon aise, & lors qu'ils me connurent 15 De leur grande mer digne.
Lâs ! heureus si jamais je n'eusse dédaigné L'art premier où j'estoi par mon père enseigné,
Ni mes rets, ni ma ligne 3 :
Car le feu qui mon cueur ronge, poinçonne, & lime, 20 Me vint ardre au meilieu (qui l'eust creu !) de l'abime De leur mer fluctueuse.
Et bien en autre forme adonc je me changeai, Que je ne fus mué alors que je mangeai L'herbe tant vertueuse 4.
25 Pourtant si j'ai le chef de longs cheveus difforme,