XI
Préface.
Marchands Merciers et quelques autres au Sépulcre (p. 46, c)5 6)j — les Pêcheurs à verge, c'est-à-dire à la ligne, à Saint- Leufroy (p. 47, 100); — les Aiguilletiers ou Ferreurs d'aiguillettes à Saint-Eustache (p. 102);
Dans V Université: Les Passementiers aux Augustins (p.
Dans les Faubourgs: Les Fripiers à Saint- Sulpice (p.
Dans le Calendrier, à la date du 25 août (p. 46-7), Le Masson cite quelques autres Confréries de Saint-Louis :
Dans la Cité, celle des Tapissiers, dans l'église basse de la Sainte- Chapelle;
Dans la Ville : Les Retordeurs de laine à Saint-Martindes-Champs, — les Porteurs de blé à Saint-Eustache, — aux Augustins les Faiseurs de cordons et les retordeurs de boyaux pour faire des raquettes, — celle des Sept-Vingts Aveugles de Paris aux Quinze-Vingts, — les Maçons à Sainte-Catherine du Val-des -Écoliers.
Dans un article sur les Saints Patrons, M. Peignot {ibidem, p. 1 5 1-2) y joint les Maquignons, les Pâtissiers et les Perruquiers. Beaucoup de ces Confréries étaient bien peu importantes. Cela est simple, car les grandes, constituées avant saint Louis, avaient déjà leurs patrons, et les petites qui portent son nom lui sont certainement postérieures, mais il n'a pas encore été question de la Chapelle Saint-Biaise. Toutes les Confréries que nous venons d'énumérer sont donc exclues par là même.
Une seule, dans l'Université, satisfait à cette condition, celle des Maçons et Charpentiers, « le jour saint Biaise, troisième Février, à la Cliapelle saint Biaise et saint Louis » ; Le Mas-
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son, p. 71 '. Par là nous sommes dispensés de chercher une chapelle Saint-Biaise à l'intérieur d'une autre église. Il s'agit en effet d'un édifice distinct, qui se trouvait au côté sud de l'église Saint-Julien-le-Pauvre et longitudinalement en façade sur la rue Galande, entre la rue Saint- Juîien-le-Pauvre et la rue du Fouarre qui commencent toutes deux à la rue de la Bucherie, derrière le quai des Grands-Degrés, en face de la façade méridionale de Notre-Dame.
Or voici ce qu'on trouve dans le Théâtre des antiquitez de Paris de Dubreuil, Paris, Pierre Chevalier, 161 2, in-4^, p. 588-90, répété sans addition par Malingre, 1640, in-f", p. 270 :
De la Chapelle de Sainct-Blaise et Sainct-Louys ,
qui est en la rue Galande^
près Sainct-Julien-le- Pauvre.
Le lieu d'icelle Chapelle, qui est sur la paroisse de Sainct- Séverin, servoit anciennement aux Religieux de Sainct-Julian-le- Pauvre, soit que ce fût leur Chapitre ou Réfectoire, ou bien une Chapelle particulière; mais, en estant hors, les Massons et Charpentiers de la Ville, en l'an 1476, y establirent leur Confrairie, qui est de sainct Biaise, evesque et martyr, et de sainct Louys, Roy de France, et davantage l'augmentèrent du long portail qui vient sur rue. En faveur de quoy Charles de Bourbon, Cardinal de Sainct-Martindes-Monts, Archevêque et Comte de Lyon, Frimât des Gaules et Evesque de Clairmont, par ses Lettres de l'an 1477,
I. Il est étonnant de ne pas vuir les Charpentiers sous l'invocation de saint Joseph. Le Masson, p. 31, nous apprend que, sinon les Maîtres, au moins les Compagnons Charpentiers, qui formaient deux Confréries, avaient leur fête le 19 mars, jour de saint Joseph.
xiv Préface.
du 28* jour de janvier, donna à toutes personnes, vrayement pénitenz et confèz, qui, les jours de festes de sainct Biaise, de sainct Louys. de Noël et de Pasques, visiteroient ladite Chapelle, y feroient dévotes prières et aumôneroient de leurs biens, pour chacune feste cent jours de vraye indulgence des pénitences à eulx enjointes. Par lesdictes Lettres ladiae Confrairie est intitulée en ceste sorte:
Fraternitas Beatorum Blasii, Martyris, et Luàovici Confessons, quondam Francis Régis, incœpta per Laîomos et Carpentarios Parisienses, fundata per eos in Basilicâ pr<£faîorum Beatorum, juxta sanctum Julianum veterem et in parrochia S. Severini. »
L'année suivante, 1478, les Massons et Charpentiers obtinrent encore d'autres pardons, Jean Roulin, Cardinal de Sainct-Estienne-//2-Cce//o-/rJOA2îé et Evesque d'Authun, donna à tous ceux et celles qui, les jours sainct Biaise, sainct Louys au mois d'aoust, de la Résurrection, de la Pentecoste. de tous les Saincts, de Noël et de la Conception, Nativité, Anonciation, Purification et Assomption de la glorieuse vierge Marie, et le jour du vendredy saint depuis les premières vespres jusques aux secondes, estans vraiment pénitens et confèz, visiteroient ladite Chapelle et y départiroient de leurs biens et commoditez, à chacun des dits jours et festes, cent jours d'indulgence des pénitences à eux enjointes.
Ladicte Chapelle n'a aucune fondation et n'est entretenue que par les Massons et Charpentiers de cette Ville de Paris, qui y font chanter une grande Messe, avec le son des orgues, tous les Dimanches et bonnes Festes de Tannée, par des Religieux des Carmes.
Le mur d'icelle Chapelle est tout couvert d'histoires peintes à destrampe, oii entre autres sont représentez les faicts et gestes de saina Louys, roy de France 1.
I. Je ne connais aucune vue de la chapelle de la rue Galande. On voit seulement par les grands plans à vol d'oiseau, comme celui de Gomboust, qu'elle était orientée et, par son peu d'importance, qu'elle ne devait pas avoir de bas côtés, mais se composer d'une seule nef. A plus forte raison n'a-t-on des peintures en détrempe, qui représentaient l'histoire de saint Louis, aucun autre souvenir que la mention du P. Dubreuil. Elles étaient nécessairement de
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Piganiol, V, 356-7, nous apprend la suite de l'histoire de notre Chapelle :
(( L'an 1476, les Maçons et les Charpentiers de la Ville de Paris y établirent leur Confrérie et firent en même temps bâtir le portail qui donne sur la rue Galande. Cette Chapelle ne reconnoit d'autres fondateurs ni d'autres bienfaiteurs... Ils l'ont fait rebâtir en 1684 et ont fait mettre cette inscription sur la porte :
Chapelle de s. Blaise, de s. Louis et de s. RocH. 1684.
L'abbé Le Beuf nous donne la date de sa fin :
a Comme cette Chapelle menaçoit ruine les années dernières, le service qui s'y faisoit a été transféré à la Chapelle de Saint-Yves, rue Saint-Jacques 1, et elle est presque entièrement détruite (éd. Cocheris, III, 390-1). » — Elle l'a été complètement vers 1770 (Note de M. Cocheris, III, 422).
Sur la Communauté elle-même on pourra voir le Dictionnaire de police de Des Essarts, plus
la fin du xv*-' siècle, au plus tôt, ou du commencement du xvi= siècle.
Comme sujet au moins, les admirables verrières de la Sainte-Chapelle du château de Champigny, près de Chinon, peintes au xvi* siècle, traitent les mêmes motifs, probablement d'une façon très-supérieure. En attendant que quelque éditeur de Joinville en fasse le sujet d'un appendice monographique accompagné de chromolithographies, qui donneraient au volume la plus intéressante et la plus belle illustration artistique, je renverrai à la description qu'en a donnée M. de Chergé dans les Mémoires des Antiquaires de l'Ouest, et qui a été tirée à part, 1840.