Nyv. : vile
A tous crestiens
4. Ce concile fut ouvert le 1 1 novembre 1 2 1 j , et présidé par Innocent III; ce fut le douzième concile général.
Le Blazon des Hérétiques. 325
Plusieurs Picquars ' , soubz umbre de bienfaire, Firent des maulx ; oncongnust leur affaire Dedans Paris ; pour leur erreur et mal, Furent bruslez ; aussi le gênerai Des Myneurs fut , avecques ses complices , Dict hereticque et expert en malice.
Ung liseur fut excellent par renom , Fort estimé, qui (de) Parule avoit nom, Ayant en soy sy folle resverie Qui soustenoit que la Vierge Marie Ne avoit esté en ce monde mortel Conçeue sans péché originel; Mais°, en preschant telz motz à haulte alaine, Il tresbucha d'une mort très villaine , Comme de Dieu et sa mère mauldit.
Maistre Henry de Hassia le dit*
1. Les Picards ou Pikards, ainsi nommés d'un certain Pikard, natif des Pays-Bas, furent le nom d'une secte d'Adamites en Bohême. Jean Ziska les détruisit à peu près en 1420 (Voir les renvois du Moréri, VIII, 320). Mais évidemment Gringore fait allusion à quelque secte des Vaudois de France.
2. Ellies Du Pin (Bibliothèque des auteurs ecclésiastiques. Paris, in-4, tome XII , 1702, colonne 87) cite comme l'ouvrage d'un Henri de Hesse un Traité de la conception immaculée de la Vierge contre les disputes des FF. Mineurs, et pour venger saint Bernard, imprimé à Milan en 1480. Ce livre a été réimprimé, car j'en ai vu une édition de Strasbourg, 15 16, sous ce titre : Henricus de Hassia plantator gymnasii Viennensis in Austria contra disceptationes et contrarias predicationes fratrum mendicantium super conceptione Beatissime Marie Virginis et contra maculam sancti Bernhardi mendaciter impositam. La préface de l'éditeur est de Ja. Wemphel de Schelestadt (in-4, de h XIX ff- et 2 non chiffrés, dont le dernier porte une planche en bois). Il y a lieu de croire que c'étoit bien là où Gringore avoit pris son renseignement, et encore plus dans cette édition contemporaine que dans l'incunable italien. Je l'ai lue, et je n'y ai
326 Gringore.
Et que plusieurs des clercs , qui escrivoient De la matière, espoventez estoient, Narrant qui n'est si saige ne discret Qui soit capable enquérir du secret Du créateur de toutes créatures , Precongnoissant toutes [choses] futures.
Une perverse hérésie se esleva, Que Jean Vuyclef, hereticque, trouva En Angleterre, et Jehan Hus dedans Boesme 'r Qui par long temps fist une peine extresme A saincte Esglise et ses devotz enfans, Et fut régnante environ quarante ans.
Cestuy Jehan Hus avoit pour compaignie1 Avecques luy Jherosme de Pragnie *, Qui, comme caulx, subtilz, malicieux, Leur hérésie ont semé en maintz lieux, Et demonstré férocité lupine, Rempliz d'erreurs et de fraulde vulpine , Cherchant au monde avoir leur alibis Dessoubz l'abit d'aygneaux ou de brebis , Eulx pretendans pour leur papellardise De subvertir Testât de saincte Esglise.
Mais à Constance ung concilie se fist , Mille quatre cens et seize 4, au grant prouffit
trouvé ni le moindre nom ressemblant à Parule, ni mention anonyme d'aucun docteur mort en chaire d'apoplexie. Gringore peut l'avoir pris dans un autre livre, mais je n'ai pas eu le courage de lire , pour mettre en note un seul renvoi, tous les ouvrages des trois Henri de Hesse.
!. Sur les ouvrages anciens et récens consacrés à Wycleff et à Jean Huss , nous renverrons à la Bibliographie biographique de M. Œttinger, édit. de Bruxelles, 1854, col. 793-4, et 1 900-1.