‹ Œuvres complètesChapitre 53 sur 190 · Le commun peuple, le populaire · texte numérisé non relu

Le commun peuple, le populaire

4. On sait que le Moyen Age mettoit sous la protection du nom d'Ésope, Ysopes, tout recueil de fables. Marie de France, donne la même petite fable que notre poëte , sous le titre

a. Luce , X : Dignus est mercenarius mercede sud.

b. I Regum, XVI : Hoc videt que parent , Deus autem intuetur cor.

78 Gringore.

Que , sur ce point , peult servir de notable ' . r Jadis furent deux chiennes , de quoy l'une

Avoit maison, et des biens de fortune ; L'autre n'avoit aucun logis ne biens , Et si avoit plain son ventre de chiens. Ceste riche la logea par pitié, Soy deslogeant , fusse 2 par amityé ; Lors s'en alla où elle avoit affaire.

Et la laissa pour son bon plaisir faire En son logis. Après longue saison Ceste chienne revint en sa maison.

L'autre luy dist qu'el venoit mal apoint a, Et que pour lors el n'y entreroit point ; Et, y voulant entrer, ses chiens jappèrent , Maulgré elle sa maison usurpèrent Et en eurent possession par force.

Se au temps présent de chasser on s'efforce * De leur logis les simples famelettes, Ilz sont ainsi comme povres chiennettes Qui sont chassées et gettées de leur estre Pour y loger d'autres chiennes et mettre Qui sont plaines de chiens qui nous mordront c

d'Une Lisse qui vuleit chaaler, et elle la met au nombre des fables k'Ysopez escrit. Les éditions modernes des œuvres de la Fontaine contiennent généralement une énumération savante des origines des diverses fables ; nous renvoyons là le lecteur qui voudroit connoître à fond l'historique de l'apologue : «La Lice et sa compagne. » Ésope est un des rares fabulistes qui n'en ait point parlé.

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