ACTE III, SCENE II, i
B^ MARQUIS
Ta maîtresse me doit, .
Et m'évite à présent! cela n'est pas adroit. Avec nos créanciers nous devons être honnêtes; Mais comme en tous les temps j^i des ressources prêtes, Je ne m'aflfecte pas d'une incivilité Qui me sert tout au mieux. Je connais la bonté De monsieur,...
M ARTON
Pourriez^vous... Non , je ne puis le croire,
LE MARQUIS
Je vais tout simplement lui conter mon histoire.
M ARTON
Quel infernal moyen avez-vous trouvé là ?
LE MARQUrS.
C'est Le plus court, Marton, pour finir tout cela.
M ARTON
Vous ne savez donc p^s que toute la famille
Est dans le désespoir? Femme, époux , gendre, fille ,
Chacun est renfermé dans son appartement,
Et de vous présenter ce n'est pas lé moment.
LE MARQUIS
Va toujours m'annoncer; le mari doit m'entendre.
MARTON
11 vous recevra malv
Bon!
MARTON
Il peut nous surprendre.
i84 LA JOUEUSE.
LE MARQUIA. '
Eh, qu'importe?
MARTON
Jugez, monsieur, de son courroux :
Il me chasse. A ce trait le reconnaissez-vous?
LE MARQUIS
Il a tort, et je veux te rendre un bon office. Je parlerai pour toi. Service pour service: Allons, va m'annoncer.
MARTON
Encore un coup, sortez ;
( n 8*a88ied. )
Ayez pitié de nous. Quoi! monsieur, vous restez?
.LE 3IARQUIS.
Tu prétends me chasser , et moi je suis tenace : Quinze jours, s'il le faut, je reste à cette place. Je prétends voir monsieur ; j'y suis déterminé.
MARTON, àpart.
Ah! si j'osais parler à cet homme obstiné, Je lui dirais son fait, et j'aurais de quoi dire.
( Hant. )
Ma prière, monsieur....
LE MARQUIS
Je ne peux y souscrire.
M A RT ON, à eUe-méme.
Il faut toujours choisir le plus faible des maux.
LE MARQUIS
Marton a , je le vois , des principes moraux.
M A RTON , piqnée.
Je n'en sais rien, monsieur; mais quoiqu'on en raisonne ,