ACTE III, SCÈNE IV
Trahit à chaque instant votre fatale adresse, Me découvre le piège et soutiei)t ma faiblesse ; Que la voilL du remords suffit poyr m'éclairer , Et que l'on peut me perdre, et non pas m'égarer.
LE MARQUIS
Terminons, s'il vous plaît, ce brillapt étalage : Ce discours fastueuic n'est pas fskit pour cet âge. Soufirez que j'en revienne à mon premier projet. Demander mon argent est-ce encore un forfait? FaiH-^i) sacrifier une somme aussi forte, Près de cent mille frsincs , à quelqu'un qui s'emporte Sans rime , ni raison , et veut de son malheur Me rendre respôii^ss^hle? Oh non, sur mon honneur. Je fais beaucoup de ca^ d'une femme estimable ; Mais je voudrais au n^oias une vertu traitable ; Qu'on sut se modérer , et que l'on ne, crût pas Que l'on peut tout oser quand on a des appas.
MADAME DE LIMEUIL
Ah ! ce sont ces appas qui causent mon supplice. L'argent vous tente peu.
/ LE MABQUIS.
Yous m0 rendez justic^e.
La fortune et ses dons ne m'ont jamais tenté , Et je ne cède ici qu'à la nécessité.
Je passe chez monsieur.
MADAICE DE LIMEUIL.
Non pas , je vous arrête.
% L]Ç MARQUIS
Sans doute vous avez une ressource prête ?
i88 LA JOUEUSE.
• MADAME DE LIMEUIL
Je n'en connais aucune en ce moment d'horreur : Je n'ai, pour vous toucher , que l'excès du malheur.
LE MARQUIS
Un semblable moyen, madame, est peu de chose.
On ne compatit pas aux peines que l'on cause : La mienne excite en vous le rire du méchant.
LE MARQUIS
Moi, je vous plains beaucoup, mais j'ai besoin d'argent.
MADAME DE LIMEUIL
Âh! si je m'en croyais , homme sans caractère....
LE MARQUIS, sortant.
J'ai toujours évité les femmes en colère.
MADAME DE LIMEUIL, rarrètant.
Tu penses m'échapper! tu ne sortiras pas.
LE MARQUIS
La violence en est ?
MADAME DE LIMEUIL
Je m'attache à tes pas.
Crains le juste courroux d'une femme outragée : Je n'ai qu'à dire un mot , et je serai vengée. Un seul mot te démasqué, et ta perversité Va paraître au grand jour.
LE MARQUIS
Madame, en vérité....
Je n'entends pas du tout faire la guerre aux femmes , Et je sais que l'on doit pardonner tout aux dames.
( A part. )
Du succès de mes feux je commence à douter.