ACTE ni, SCÈNE VIII
Tout espoir de retour m'est-ii donc interdit ? Pouvez -vous arracher des enfans à leur mère? Vous devez me haïr ; mais vous êtes leur père.
DE LIMEUIL
Oui, je le suis toujours, je vous le prouverai. A vos séductions je les déroberai.
Vous, de former des cœurs vous vous croyez capable! Rappelons les excès dont vous êtes coupable, Vos regrets simulés ont attendri mon cœur; Au moment du pardon , votre aveugle fureur A de nouveaux hasards vous exposait encore ; Le destin vous accable , et votre époux l'ignore. Le plus doux sentiment l'amène auprès de vous : Vous l'en récompensez en jouant vos bijoux. Vous trompez son amour par de vils artifices , Et parmi vos valets vous cherchez des complices. Qui peut trahir ainsi son honneur , son devoir, N'est pas fait pour connaître un noble désespoir. On ne m'abuse plus., madame , avec des larmes. Je sais apprécier vos remords , vos alarmes. Ils m'ont coûté trop cher pour me séduire encor, Et je lès calmerais en vous montrant de l'or. Allez, et livrez-vous à votre frénésie; Mais n'attendez plus rien de votre hypocrisie.
MADAME DK LIMEUIL.
Ainsi vous soupçonnez jusques a ma candeur!... Quand ma tendre amitié ménageait votre cœur, Ne pleurait que sur vous, vous épargnait des peines, Votre injuste soupçon vient ajouter aux miennes. Je suis faible ,. monsieur; mais je ne peux tromper ,
Et dans l'instant cruel où je me sens frapper, Oïl le plus saint des nœuds à ma honte se brise , Vous allez me connaître et juger ma franchise. J'ai joué mes bijoux, et je les ai perdus. Far monsieur de Valville ils m'ont été rendus. Je dois cent mille francs, cet ami me console. Et veut avec son bien dégager ma paVole. Le marquis le refuse ; il brave le Ranger : Pour mes seuls intérêts ils vont s'entr'égorger. Prévenez un forfeit , arrêtez votre geûdre : A vos ordres peut-être il daignera se rendre.
DE LIMEUIL
Qu'entends-je!.. Holà, quelqu'un 1... Valville est-il ici? Valville.... mon enfant!