‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 143 sur 365 · ACTE I, SCENE VIL aai · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE VIL aai

jamais cru ^u'on put être triste auprès de ma bonne maman.

LA. COMTESSE

Aimable enfant, tu m'aideras à le consoler.

JULIÏ.

De bien bon cœur. Mais de quoi ?

LA COMTESSE

Un procès qu'il craint de perdre, l'inquiète et l'afflige.

JULIE

Hé , pourquoi le perdrait-il ? Je suis bien sûre qu'il a bon droit.

LA COMTESSE

Comment cela ?

JULIE

D'abord, parce qu'il est l'ami de ma bonne maman , et que tout ce qui l'approche doit avoir raison , et puis, c'est que monsieur le comte est si bon, si modéré! Tenez, maman, je l'aime presqu'autant que vous.

VALBOrURG.

Quelle aimable ingénuité !

JULIE

Vous vous attendrissez davantage? Je ne veux pas cela, monsieur le comte. Je suis chargée de vous consoler ; je veux vous faire oublier vos peines. Al- •lons, regardez -moi. Souriez, souriez donc, faites quelque chose pour Julie.

VALBOURG, la prenant dans ses bras.

Oui , ma chère enfant , vous avez droit de tout ob-

aaa L'ORPHELINE.

tenir de moi; mais il est des chagrins que vous ne pouvez calmer , et qu'heureusement on ne connaît pas à votre âge.

JULIE

Vous croyez cela, monsieur le comte? J'ai mes chagrins aussi ; mais quand ils me tourmentent , je sais bien vite les oublier.

LA GOMT£SS£.

Eh, que fais-tu pour cela?

JULIE

Je viens près de toi, ma petite maman; je t'embrasse, et je n'y pense plus.

VALBOURG.

Mais , ma chère Julie , quels sont ces chagrins ? Je ne vois pas que vous puissiez en avoir de bien serieux.

JULIE, d'un ton fort pi<{aë«

Ce sont les vôtres , monsieur , qui ne devraient plus vous affecter , lorsque maman et moi nous vous en prions. Quand je suis triste, ce n'est pas un malheureux procès qui m'occupe , moi ; ce sont des choses bien plus importantes; mais je me reprocherais de laisser voir mes larmes à maman : je sais qu'elles feraient couler les siennes. Vous n'êtes pas si délicat. Tenez, voyez, les vôtres redoublent Mais finissez donc; vous allez me faire pleurer aussi.

VALBOURG.

Ah ! laissez - les couler ces larmes , dont je ne suis

plus maître Mais, mon enfant, quels sont donc

ces chagrins dont vous parlez avec tant d'intérêt?

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