MADA.ME DE FOR FAN V ILLE
Vous n'êtes pas au bout , monsieur. Je vous ferai voir qu'un époux coupable est à la discrétion de sa femme. Je tiens la preuve du crime, ingrat que j'ai tant aimé, que j'aimerais encore, si
FORFANVILLE.
Finissez vos lamentations, et rendez -moi cette lettre.
MADAME DE FORFANVILLE.
Il ne me plaît pas, à moi.
FORFANVILLE.
Vous la rendrez.
MADAME DE FORFANVILLE.
Je ne la rendrai pas.
FORFANVILLE.
Faudra-t-il employer la violence, madame?
Ne vous y jouez pas, monsieur. Une femme comme moi est faite pour vous tenir tête, entendez -vous?
FORFANVILLE.
Pas de mauvaises plaisanteries, s'il vous plaît, madame.
MADAME DE FORFANVILLE.
Ne vous les attirez pas. N'êtes-vous pas honteux , à votre âge
FORFANVILLE.
Je n'ai que deux ans plus que vous.
35o LE MARCHAND PROVENÇAL.
MADAME DE FORFANVILLE.
De vouloir séduire cette enfant, tandis que vous avez une épouse formée
FORFANVILLE.
Oui, très-fomiée!
MADAME DE FORFANVILLE.
Qui n'aurait jamais dû perdre ses droits sur vous. Je le dirai à monsieur de Kersalec.
FORFANVILLE, suppliant.
Ah! madame
MADAME DE FORFANVILLE,
Oui , je le lui dirai ; je ferai tancer la petite ; je vous mettrai dans le cas de faire éclater cette valeur dont vous vous targuez , et dont personne que vous n'a jamais parlé.
FORFANVILLE.
Ah! madame
MADAME DE FORFANVILLE.
Non , monsieur. Nous verrons comment vous vous tirerez de là. Vous me manquez , et vous jouez ensuite les grands airs ! Ah ! je vous apprendrai à respecter et à remplir les devoirs conjugaux. Lisons ce charmant poulet.
FORFANVILLE.
Je ne le souffrirai pas , madame.
MADAME DE FORFANVILLE.
Paix , monsieur.
FORFANVILLE.
Mais, madame....