‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 256 sur 365 · ACTE, I, SCÈNE I. Syg · texte numérisé non relu

ACTE, I, SCÈNE I. Syg

désespérer de son père? Qui' soit fâché, quY soit en colère, qu'il ait déjà le bras levé, c'e$t toujours un père. Que le fils se présente tant seulement , et i' m' semble...

CAROLINE

Il vous semble que votre sang vous serait toujours cher. Heureuse simplicité, qu'on ignore dans le monde, et qu'on ne trouve plus que parmi les citoyens les plus obscurs !

BAZILE

Caroline, le malheur rend méfiant; mais nous, qui voyons tout çà de sang-froid, qui faisons les commissions des meilleures maisons du quartier, qui n'ons à faire qu'aux valets de chambre et aux maîtres, et qui savons nous expliquer, dieu merci, je vous dirons qu'il est d'shonnêtes gens partout; que bon sang ne peut mentir; que le comte de Verneuil n'sera pas l'ennemi de son fils, et que son fils n'sera pas le bourreau d'sa femme, d'son enfant et d'son ami; oui, d'son ami. Charles, commissionnaire, est un brave homme, et Verneuil le fils, qui aurait racheté son nom par une scélératesse, désespérerait Bazile, et ne serait pas pus heureux. Mais, laissons là toutes ces imagina tives , et ne pensons plus à des choses dont il est incapable.

CAROLINE

Ah! oui, oui, il en est incapable. Je rougis quelquefois de mes craintes.... Mais, Bazile, je suis mère.

BAZILE

Et n'est-i' pas père, li, n'estai' pas bon père? Al-

38o CHARLES ET CA.R0ONE.

Ions, Caroline, n'songeons pus qu'à le recevoir. V'Ià l'heure du retour. En le voyant...

CAROLINE

En le voyant, je ne penserai qu'à mon bonheur.

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