‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 266 sur 365 · ACTE I, SCÈNE IV. SgS · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV. SgS

CHARLES

La vérité. Caché dans la foule , je vois , j'observe , et j'entends. Les grands éblouissent le peuple ; cepen* dant , ce peuple juge les grands.

CAROLINE

Les intentions du comte peuvent être pures. Il veut te protéger , te placer avantageusement.

CHARLES

Sa protection excite mes mépris , ses bienfaits me révoltent. Ne m'en parlez jamais.

CAROLINE

Bazile , je devais suivre mon premier mouvement. ( A son marL ) Ma confiance m'a égarée ; j'ai reçu une bourse

CHARLES

Une bourse du comte de Préval ?

CAROLINE

La voilà.

Malheureuse ! qu'as-tu fait ? C'est peut-être le prix dont il compte payer ta vertu.

CAROLINE, jeunt la bonne. .

Ix>in de moi ce métal funeste.

CHARLES

Oui, mét^l funeste, qui tient lieu de tout à ceux qui le possèdent, et auquel ils pensent que rien ne peut résister.

B A Z I L £ , ramassant la bourse.

Il faut pourtant s'assurer, avant tout

CHARLES^ tirant un petit sac.

. Voilà de l'argent , Caroline ;: voilà le seul que tu puiâS€3 prendi^e. Il ne coûte rien à ma délicatesse ; il est le fruit de mon. travail. Laisse cet or , son aspect me fait mal. Le pain qu'il te procurerait serait un pain de douleur, de honte et de remords. Donnezmoi cette bourse , Bazile.

BAZILE

Vlà.de beaux raisonnemens, faut «i colivenir.

CHARLES

Va, Caroline, va préparer un repas frugal, et noublie jamais que la pauvreté peut être respectable i quand le courage sait l'ennoblir.

CAROLINE

Bazile était présent. Charles, tu me pardonnes?

Sa bonhomie, ta cotifiance, ne sont pas des crimes. Va , mon amie , l'innocence n'a pas besoin de pardon.

( lU s'embrassent ; Caroline sort. Bazile et Charles entrent dans le ca]binet avec Venûuat. ) .

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