‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 308 sur 365 · ACTE m, SCENE IX. 45i · texte numérisé non relu

ACTE m, SCENE IX. 45i

six semaines, dans un mois; on ne prendra que le iemps nécessaire pour éloigner sans retour des objets qui seraient toujours dangereux pour lui.

VER N EU IL père.

Charles , enlevé dans deux heures !

LE COMTE

Oui, mon ami, dans deux heures, et je me chargerai des détails , pour ménager votre sensibilité.

VERNEUIL père.

Mais cet ordre du roi , qu'il faut solliciter , obte^ nir.....

LÉ comt:é.

Ten ai toujours en blanc, et je n'en abuse pas, comme vous le voyez, (^^ec chaleur. ) Allons, mon cher Vemeuil , êtes-vous bien d'accord avec vousmême ? Ce qu€ vous devez à la société , à votre fils , et à vous , l'emportera-t-il enfin sur les répugnances puériles qui vous arrêtent, sur la faiblesse qui vous déshonorerait, si vous consentiez à un mariage ridicule et révoltant ? Pardon , si je mets autant de force dans mes représentations; mais je vous ai toujours chéri, et je ne puis m'empêcher d'ajouter que vous avez assez fait pour la nature, et qu'il est temps de vous montrer homme, et d'en déployer toute la fermeté.

VERNEUIL pèr«.

Qu'il m'en coûte pour me rendre! Mais je sens qu'il !e faut.

LE COMTE

Oui, mon ami, il le faut.

45a CHilRLES ET CAROUNE.

VERNEÛIL père.

Du moins*, que tout se passe sans éclat,

LE COMTÉ

Sans éclat.

VERNEUIL père.

Ménageons des infortunés , adoucissons le coup que nous allons leur porter.

On mettra dans les procédés toute l'aménité possible.

VERNEUIL père.

Vous me ferez avertir quand mon malheureux fils n'y sera plus. J'irai, je verrai cette femme.

LE COMTE

Non , Vemeuil , je ne suia pas d'avis que vous la revoyiez; votre excessive bonté vous trahirait encore. Je me charge de sa retraite, et de lui fsCire parvenir vos bienfaits.

VERNEDIL père.

Je la verrai, monsieur; c'est un adoucissement que je dois à sa situation : je lui dois compte des motifs de ma conduite , je lui dois des consolations. Trop heureux si je pouvais, en calmant sa douleur, rendre mes chagrins moins cuisans..... Allez, Préval, allez me rendre ce funeste service, et laissez-moi renfermer mes larmes, mes combats et mes regrets.

( Il sort. )

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