‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 336 sur 365 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

HORTENSE

Vous êtes honnête , sans doute , mais cela n^ suffît pas.

AUGUSTE

Je ne vois pas ce qui me manque.

HORTENSE

Jl faudrait d'abord n'être pas un enfant.

AUGUSTE

Hé! qu'importe mon âge, si je sais vous aimer?

Avoir un état qui....

AUGUSTE

J'en aurai bientôt un. Aujourd'hui , l'honneur , les mœurs , les talens mènent à tout , et je me sens abondamment pourvu de tout cela.

HORTENSE

Vous êtes modeste.

AUGUSTE

Je suis amoureux , et l'amour rend capable de tout ; entendez - vous , madame , il rend capable de tout.

HORTENSE

Ce jeune homme veut me faire la loi.

AUGUSTE, aux genoux d*Horteiise.

Vous faire la loi? ah! Hortense, Hortense, qu'avezvous dit ? vous donner des lois , moi qui suis soumis aux vôtres !

HORTENSE, souriant.

Et qui les recevez à genoux.

/iQo i;amour et la raison.

AUGUSTE

Me iaites-vous un crime de mon entier dévoûment ?

HORTENSE

Non, mon ami; mais il est des circonstances oii l'amour doit se taire devant la raison. Vous connaissez les motifs qui m'unissent à Mondor ; il arrive aujourd'hui, il doit compter sur ma main, il a ma parole , et bien certainement je ne la retirerai pas.

VN LAQUAIS, annonçant.

Un valet de monsieur Mondor.

( Il sort. ) HORTENSE, tronblée.

Son valet! son valet , Marton ! ( y/ jiuguste. ) Si je vous suis chère, mon petit cousin, de grâce, retirez-vous.

AUGUSTE

Me retirer , madame ! Oh ! non , non , bien décidément non.

HORTENSE

Quand on aime une femme, monsieur, on ne luirefuse rien.

AUGUSTE

Quand on fait quelque cas d'un parent , madame , on le ménage davantage.

MARTON

Mais voici ce valet.

HORTENSE

Partez, monsieur, ou restez, que m'importe? Mais je ne crois plus à votre attachement , je vous en avertis.

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