SCENE X
DUPRÉ
Cela n'est pas possible.
AMELIE.
Ce pauvre infortuné sera donc sans appui? Quel avenir af&eux se prépare pour lui ! Je ne peux presque rien, vous connaissez ma bourse; Mais il me reste encore une faible ressource : Je vendrai ce que j'ai.
DUPRÉ
Non, je vous le défends.
AMELIE.
Et je soulagerai ses malheureux enfans.
DUPRÉ
Il a donc des enfans?
AMELIE.
Qui sont dans la misère.
Doivent-ils expier les fautes de leur père ?
DUPRÉ
Qu'on les amène ici, je les élèverai.
Ce seront des ingrats encor que je ferai ; Mais, n'importe.
AMIÉLIE.
Ah ! monsieur... mais ce vieux domestique Qui , par un long service, un zèle presque unique , Mérita vos bontés, l'estimable Dupont Sortira de chez vous pour entrer en prison.
DUPRÉ
C'est Dupont ?
AMELIE.
Hélas! oui.
lïo LE PESSIMISTE.
DU PRÉ
Son procédé m'accable.
Je n'aurais jamais cru qu'il se rendit coupable D'une faute pareille.
AMELIE.
Hélas ! qui n'en fait pas ?
Il paîra cher la sienne. On l'arrache des bras D'une épouse qu'il aime, et la honte et l'outrage, Pour un moment d'erreur^ deviendront son partafge. Il mourra dans la peine , et son triste destin Accablera sa femme, et hâtera sa fin.
0 DUPRÉ
Qu'il reste dans l'hôtel.
AMELIE.
Vous paîrez donc ses dettes ?
DUPRÉ
Je ne prétends payer que celles qui sont faites. S'il s'égarait encor....
Je vous réponds de lui.
DU PRÉ
Dites-lui de ma part qu'à compter d'aujourd'hui....
AMELIE.
Ah ! vous êtes charmant !
DUPRÉ
Je lui double ses gages.
AMÉLIE
Le bon cœur!
DUPRÉ
C'est fort bien.