SCÈNE VI
MARTON, Madame de LIMEUIL.
MADAME DE LIMEHIL.
Je rentre en frémissant.
MAlRTOPT.
Livrons-nous à la joie.
MADAME DE LIMEUIL
Que vais-je devenir ?
MARTON , à part.
Le jeu nous la renvoie.
Prêtons un peu l'oreille.
MADAME DE LIMEUIL, se jette dans un fauteuil.
Oui , le sort en fureur IX. II
i6a LA JOUEUSE.
Épuise contre moi tous les coups du malheur... Soixante mille francs.... Quel excès... Quelle perte !
M ARTOIS, à part.
* Soixante mille francs !
MADAME DE LIMEUIL
Pas une bourse ouverte.
Le marquis me refuse ; il semble qu'avec lui La rage et ses serpens conjurent aujourd'hui.
MARTOir, àpart.
L'accès est violent.
MADAME DE LIMEUIL
Contiens-toi , malheureuse , Et n'impute qu'à toi ta destinée affreuse. Tu trahis tes enfans , tu ruines ton époux , Et tu voudrais couler des jours calmes et doux!
MARTON, àpart.
Ah ! bon dieu !
MADAME DE LIMEUIL
Le bonheur n'est pas fait pour le vice. . . Contemple ton ouvrage, homme plein d'artifice; Jouis de mon état , souris de mes douleurs ; Que ta férocité s'abreuve de mes pleurs... Eb ! pourquoi l'accuser ? C'est ma fatale ivresse...
MARTON
(Apart.) (Haut.)
La force l'abandonne... Ah! ma chère maîtresse!
MADAME DE LIMEUIL
Laissez-moi , laissez-moi.
Tout peut se réparer.