‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 118 sur 441 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

( Le jour commence a poindre, )

VALENTIN , seul 5 couclié au pied d'un arbre , son fusil entre les jambes.

I L est bon là , monsieur mon père : « T'as soupe , mon garçon; prends ma canardière, va veiller au loup : moi, j'vas me coucher. » Travailler djour et veiller d'nuit, c'est trop, quoi qu'il en dise. Aussi j'sors, etj'm'étends tranquillemejat au pied d'un arbre, mon fusil dans mes jambes. Si Ffroid m' réveillé , j'pense à Faustine, et j'devenons chaud comme un far rouge. Veiller ! veiller ! Eune chèvre d'plus, eune chèvre d'moins , queuqu'ça fait à moi ? Tant qu' Fs hommes auront des pieds, leux faudra des sabots, et tant qu'j'en pourrons faire, je n'manquerons de rian.

ARIETTE

Foin de la mélancolie !

Faut rire et chanter toujours :

C'est l'amour et la folie

Qui nous donnent de beaux jours.

LES SABOTIERS

Quelquefois pourtant Faustine

M'torne la téte à l'envers ;

Aile gronde , ajle lutine ,

Aile prend tout de travers.

Tout autre alors, faisant rage,

Perdrait les plus doux momens.

Pour moi , si jamais j'enrage ,

C'est de bouder trop long-temps.

Je rions, et aile n'est pas ici. A' m'avait promis de descendre, et a' n'est pas levée encore, et me v'ià, et j 'l'attendons 1 Aile en prend à son aise ! P'tite paresseuse, p'tite dormeuse, p'tite insoucieuse, p'tite..,

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