SCÈNE PREMIÈRE
( Le jour commence a poindre, )
VALENTIN , seul 5 couclié au pied d'un arbre , son fusil entre les jambes.
I L est bon là , monsieur mon père : « T'as soupe , mon garçon; prends ma canardière, va veiller au loup : moi, j'vas me coucher. » Travailler djour et veiller d'nuit, c'est trop, quoi qu'il en dise. Aussi j'sors, etj'm'étends tranquillemejat au pied d'un arbre, mon fusil dans mes jambes. Si Ffroid m' réveillé , j'pense à Faustine, et j'devenons chaud comme un far rouge. Veiller ! veiller ! Eune chèvre d'plus, eune chèvre d'moins , queuqu'ça fait à moi ? Tant qu' Fs hommes auront des pieds, leux faudra des sabots, et tant qu'j'en pourrons faire, je n'manquerons de rian.
ARIETTE
Foin de la mélancolie !
Faut rire et chanter toujours :
C'est l'amour et la folie
Qui nous donnent de beaux jours.
LES SABOTIERS
Quelquefois pourtant Faustine
M'torne la téte à l'envers ;
Aile gronde , ajle lutine ,
Aile prend tout de travers.
Tout autre alors, faisant rage,
Perdrait les plus doux momens.
Pour moi , si jamais j'enrage ,
C'est de bouder trop long-temps.
Je rions, et aile n'est pas ici. A' m'avait promis de descendre, et a' n'est pas levée encore, et me v'ià, et j 'l'attendons 1 Aile en prend à son aise ! P'tite paresseuse, p'tite dormeuse, p'tite insoucieuse, p'tite..,