VALENTIN, FAUSTINE. BERTRAND, GERVAIS
Ensemble.
Ton amour est un crime L'amour est-il un crime j^^^^^i ^^^^ ^p^^^
A nous rouer de coups ? pis qu'i s'ra ton époux. Pour qu'i' soit légitime , C'est l'mien qu'est légitime ; Hé bien , mariez-nous. ^'est l'sien qu'est légitime .
Cédez et taisez-vous,,
BERTRAND
Comment, p'tit scélérat! oser en conter à ta belle mère!
VALENTIN
C'est vous qui en contez à vot' bru.
BERTRAND
Si tu dis encore un mot...
J'en dirons cent, j'en dirons mille^^Pourquoi s taire quand on a raison? J'raffolons de c'te fille -là a' raffoUe d'nous, et, palsanguenne , j' s'rons l'un
2i6 LES SABOTIERS.
l'autre demain, aujourd'hui, toutd'suite, si on nous
pousse à bout.
BERTRAND
Oui-dà? (// le prend et V entraîne dans son cellier^ ou il V enferme a la clef,) Séparation d'corps jusqu'à mon mariage, et pour cause.
F AUSTINE.
L'rudoyer, l'renfermer, c'pauv' garçon! c'est eune barbarie , c'est une indignité î
GERVAIS, à sa fille.
Hé bien! vas-tu t'mêler d'ça, toi?
BERTRAND, à Faustine.
N'vous fâchez pas. Je Ti ouvrirons après la noce.
FAUSTINE
r mourra donc là.
V A L E N T I N , la tête à une petite lucarne.
Me v'ià dedans ; j' m'en bats l'œil. L'cœur d'Faustine est aveuc moi,
BERTRAND
Ah 1 son cœur , la belle trouvaille ! Nous , j'allons avoir sa parsonne.
V ALENTI N
T'nez , mon père , ne m'parlez pas d'ça , ou j'allons nous casser la tête avec un sabot.
BERTRAND
Casse, casse.
FAUSTINE
Monsieur Bertrand , si ous Tlaissez là , j'vous haïrai encore davantage.