‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 166 sur 441 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

DUNOIR, URSULE, CHRYSOSTOME, Dame CÂTHERIINE.

Quels cris ! quel tapage ! Se conduit-on ainsi dans une maison honnête ?

DU]>roiR.

Maison infernale , ou je voudrais n'être jamais entré !

CATHERINE

Eh! sortez -en, Monsieur, et ne nous rompez pas la tête.

DUNOIR.

La mienne s'est ouverte comme celle de Minerve (i); elle a enfanté des chefs-d'œuvre; un instant a tout détruit. {Parcourant le théâtre.) Au voleur ! au voleur ! au voleur !

CATHERINE

Quels contes à dormir debout venez-vous me faire ?

DUNOIR.

Des contes , madame , des contes ! J'avais des vers , je n'en ai plus, et votre fille m'a dit :

Que l'enfer déchaîné s'était logé chez vous. Peut-on être frappé de plus sensibles coups ?

(i) M. Dunoir ne sait pas plus la mythologie que le grec.

CA.THERI]YE, à Ursule.

Ah ! tu déshonores ma maison , tu en chasses les chalands ; tu veux ruiner ta mère ! Homicide ! matricide !

D U N O I R , s'écriant.

Matricide n'est pas français.

CHRYSOSTOME

La langue s'enrichit tous les jours.

CATHERIIYE, voulant frapper Ursule.

Tu me le paieras, tu me le paieras.

(Chrysostôme se jette entre elles.) T> U JY O I R , retenant Catherine.

Cette façon d'agir me paraît un peu dure, Et ce n'est pas ainsi que parle la nature.

CHRYSOSTOME

Laissons tout cela. Dunoir.) L'enfer a-t-il au moins respecté votre portefeuille?

DUNOIR.

Le voilà. Il m'a laissé des mandats : ils sont écrits en prose,

CHRYSOSTOME

Eh bien ! buvez un coup : cela vous consolera.

DUIYOIR.

C'est ce que je peux faire de mieux. Mais mes vers, mes vers...

Enfans trop accomplis d'une verve féconde , Dont la gloire immortelle allait remplir le monde.

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