‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 218 sur 441 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

BRANDT , PALMER , AMALIE , s'avançam d un pas grave , un flambeau à la main.

PALMER

Vois-tu... vois-tu. . voilà ma victime. Mes cheveux dressent sur ma tête (^d'une voix plus faible ) , mon sang se glacjp... N'importe, j'approcherai. ( // va a

3îi4 LE MAJOR PALMER.

Amalie^ et lui saisit le brcis> ) Non, ce n'est pas un être fantastique, c'est une femme... C'est sa taille, ce sont ses traits, défigurés, presque méconnaissables.., Amalie, Amalie , est-ce toi?

( Amalie fixe Palmer , et rit long-temps aux éclats. )

C'est elle, c'est elle! En quel état, grand Dieu !

AMALIE.

Que me veuK-tu ? que me veux-tu ?

PALMER

Mouru^ à tes pieds de repentir et d'amour.

AMALIE.

Mourir!... On souffre , on pleure, on ne meurt pas.

PALMER

Tu ne me connais plus!... C'est lui... c'est moi, c'est Palmer qui te parle.

AMALIE.

Non... Non. Il n'y a plus de Palmer.

BRANDT

Que prétendez -vous ? Cette femme est insensée : oubliez-la.

PALMER

L'oublier ! l'oublier , dis-tu ! Sa ruine, ses tourmens , sa démence , tout cela est mon ouvrage , et je l'oublierais! ( Lui saisissant la main. ) Ma chère Amalie :

AMALIE, laissant tomber son flambeau.

Laisse-moi. Me laisseras-tu ? Tu es un homme ; je te hais, je te déteste... Ce sont ces caresses perfides qui m'ont abusée. (^A demi-voix ^ dhin ton de con~

ACTE II, SCÈNE YI. 3^5 fidence.) Je l'adorais; il est parti. Je le cherche le jour, je l'appelle la nuit; il ne revient pas, il ne reviendra jamais. ( Montrant son cœur. ) C'est -là qu'il m'a frappée : depuis ce temps, je me consume, et je ne puis guérir.

P ALM ER.

Malheureux î

BR 4 NDT.

Monsieur le major, retirons-nous.

p ALMER.

Le premier supplice d'un criminel est le spectacle des maux qu'il a causés. J'aurai l'affreux courage de supporter celui-ci. Je resterai.

BRANDT

Dans quel dessein?

PALMER

Je n'en ai encore aucun.

BRANDI

Nous serons surpris.

PALMER

Que m'importe?

A M ALI E, effrayée.

Surpris!... Par qui?... Je me sens mal , bien mal... Sans cet enfant, je te dirais : Délivre-moi de ce souffle de vie prêt à s'exhaler, et qui m'est insupportable. Mais, j'ai un enfant... j'ai un enfant.

PALMER

Un enfant! tu as un enfant! Oii est -il? que je le voie, que je Tembrasse

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