ACTE III, SCÈNE X
Épargnez-lui du moins l'horreur D'être témoin de son supplice.
LE GÉNÉRAL
Son état brise mon cœur; , Mais , il faut que j'obéisse.
AMALIE.
Vous êtes sans humanité ; Vous n'écoutez que votre rage.
Le crime et la férocité, Voilà votre horrible partage.
Périsse avec mon éponx
Sa trop ingrate patrie !
Que sa gloire soit flétrie ;
Qu'elle tombe sous les coups De ses ennemis implacables ,
Et qu'ils soient impitoyables
Autant que vous l'êtes tous !
(Elle tombe dans les bras de mademoiselle Rondou. )
TOUS, à genoux.
De grâce, suspendez les coups.
Si vous ne pouvez l'y soustraire.
LE GÉNÉRAL
Hé ! seriez-vous à mes genoux, Si je pouvais vous satisfaire ?
Mes enfans, relevez- vous.
PALMER
( Il s'est placé au milieu de la garde ; il fait un mouvement vers Amalie. Deux sergens l'arrêtent , en croisant leurs hallebardes devant lui , à la hauteur de sa ceinture. )
Adieu ! toi que j'adore , Adieu pour toujours !
Mon fils te reste encore ;
Qu'il te rappelle nos amours.
Adieu , toi que j'adore!...
TOUS
C'en est donc fait ! il va mourir.
Sa valeur , sa jeunesse , Notre tendresse , Notre tristesse , Rien ne peut vous fléchir.
C'en est donc fait ! il va mourir.