‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 273 sur 441 · ACTE I, SCÈNE XIII. Sgi · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE XIII. Sgi

AMBROISE

Eh bien, c'est lui?... Achève.

CL A.U DINE

C'est le père de mon fils.

Belton?

CLAUDINE

Lui-même.

AMBROISE

C'est une raison de plus pour le craindre.

CLAUDINE

C'en est une de le chercher, de l'attendrir, de le vaincre.

AMBROISE

Vous avez perdu votre innocence ; gardez du moins votre vertu.

CLAUDINE

Je la conserverai; je le jure au ciel, à mon père, à vous.

AMBROISE

Vous n'avez qu'un moyen ; c'est de fuir.

CLAUDINE, en désordre.

Cet homme, que je n'ai vu qu'un moment, que je ne connais que par mes malheurs , m'a toujours été présent. Je ne sais quelle voix intérieure me répétait sans cesse : tu le reverras, et il te rendra justice.

AMBROISE

Qu'espères -tu ? réponds. Te jeter à ses pieds ? le gagner par tes larmes ?

Je ne sais, ni ce que je veux, ni ce que je ferai. Ce n'est pas par des soupirs, par des plaintes qu'on inspire de l'amour. Non , l'amour ne se persuade pas. Celui-là seul a tort qui ne sait pas plaire, et ce tort-là ne se pardonne jamais.

AMBROISE

Tout à l'heure , ce sera le séducteur qui aura raison.

CLAUDINE, dans une sorte de délire.

Il ne m'a pas séduite ; il n'en a eu ni le temps ni la pensée. Mon cœur a volé au-devant du sien. C'est mon cœur seul qui m'a perdue, et c'est là qu'il est gravé en traits ineffaçables.

AMBROISE

Claudine , écoutez-moi , revenez à vous.

CLAUDINE, reprenant avec plus de force.

Et mon fils, n'a-t-il pas des droits sacrés? dois-je les oublier? puis-je ne les pas soutenir? Cher et malheureux Benjamin , t'arracherai-je à ton père, au moment où tu viens de le retrouver ? Tu vivras près de lui ; il te verra , il te parlera , il t'aimera ; je me plais à le croire. Un sentiment secret éclairera son ame ; voilà ma consolation , voilà mon unique espoir. Eh ! quelle mère ne s'y livrerait pas comme moi î

AMBROISE

Elle n'entend plus rien ; sa tête se trouble.

CLAUDINE, dans le plus grand désordre.

Plus de considérations qui m'arrêtent, plus d'ob-

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