‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 28 sur 441 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

TÉLÉMAQUE, seul.

Les promesses de Beauval , sont toujours présentes à mon esprit. L'image de Zamé, libre et heureuse, suspend le sentiment de mes peines. Peut-être ma liberté me sera-t-elle aussi rendue. Beauval ne laissera pas son ouvrage imparfait... Que dis-je? avec d'aussi faibles moyens, il lui faudra des années, et que d'événemens peuvent l'arrêter dans ses projets ! Peutêtre au moins ramènera-t-il son père à des sentimens humains... Malheureux ! ton cœur t'abuse; ton imagination te présente des chimères, qu'elle embellit du charme de la vérité... Eloignons ces tristes idées; portons plutôt à Zamé des consolations que je rejette quelquefois, mais que son ame simple et naïve saisira avec avidité. C'est la tromper peut-être; mais c'est (loubler ses forces, ranimer son courage , et soutenir sa patience.

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