‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 343 sur 441 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

ACOMAT, ALI, odalisques, eunuques.

ALI , entrant précipitamment.

Vos ordres seront exécutés, seigneur, et... {A Acomat.) Où est donc le bâcha?

ACOMAT

Il est allé bouder.

ALI

Le pontife se prépare...

ACOMAT

Et la noce est flambée.

ALI

Atalide se défend encore!

ACOMAT

Oh! elle a bec et ongles, cette fille-là.

ALI

Refuser la main du hacha ! elle a donc un amant ?

ACOMAT

Hé, parbleu!...

ALI

Qu'elle ne nomme point.

ACOMAT

Pas si dupe.

ALI

Nadir na qu'un parti à prendre; c'est de suivre mes conseils , et je vais l'y déterminer.

5o4 LA LANTERNE MAGIQUE.

ACOMAT

Sans doute. Il ne faut pas gâter les femmes. {^Ali fait une fausse sortie. ) Un mot , seigneur Ali. Il est bien permis au bâcha d'avoir de l'humeur; mais estil nécessaire que nous en ayons aussi, nous qui ne sommes pas amoureux ?

ALI

Que veux-tu dire ?

ACOMAT

Et l'original que vous attendez ? et les préparatifs que nous avons faits pour le recevoir?...

ALI

Fais de cet homme ce que tu voudras,

( Autre fausse sortie. ) ACOMAT.

J'ai carte blanche; j'en ferai bon usage.

ALI, revenant.

Ah ! je te sais bon gré de m'avoir parlé de Morad. ïu m'enverras sa femme, je veux l'attacher à Atalide. Cette odalisque se défie de celles qui la servent, elle craint leur sévérité. Pirrha gagnera sa confiance; elle saura le nom d'un homme qu'il est essentiel de connaître, que peut-être il faudra perdre, que du moins il faut éloigner.

( Il sort. ) ACOMAT, à ce qui l'entoure.

Le hacha et son conseil intime sont sérieusement occupés; laissons -les faire, et ne pensons qu'au plaisir. Rions ici pendant qu'on soupire là-bas.

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