SCÈNE V
ACOMAT, ALI, odalisques, eunuques.
ALI , entrant précipitamment.
Vos ordres seront exécutés, seigneur, et... {A Acomat.) Où est donc le bâcha?
ACOMAT
Il est allé bouder.
ALI
Le pontife se prépare...
ACOMAT
Et la noce est flambée.
ALI
Atalide se défend encore!
ACOMAT
Oh! elle a bec et ongles, cette fille-là.
ALI
Refuser la main du hacha ! elle a donc un amant ?
ACOMAT
Hé, parbleu!...
ALI
Qu'elle ne nomme point.
ACOMAT
Pas si dupe.
ALI
Nadir na qu'un parti à prendre; c'est de suivre mes conseils , et je vais l'y déterminer.
5o4 LA LANTERNE MAGIQUE.
ACOMAT
Sans doute. Il ne faut pas gâter les femmes. {^Ali fait une fausse sortie. ) Un mot , seigneur Ali. Il est bien permis au bâcha d'avoir de l'humeur; mais estil nécessaire que nous en ayons aussi, nous qui ne sommes pas amoureux ?
ALI
Que veux-tu dire ?
ACOMAT
Et l'original que vous attendez ? et les préparatifs que nous avons faits pour le recevoir?...
ALI
Fais de cet homme ce que tu voudras,
( Autre fausse sortie. ) ACOMAT.
J'ai carte blanche; j'en ferai bon usage.
ALI, revenant.
Ah ! je te sais bon gré de m'avoir parlé de Morad. ïu m'enverras sa femme, je veux l'attacher à Atalide. Cette odalisque se défie de celles qui la servent, elle craint leur sévérité. Pirrha gagnera sa confiance; elle saura le nom d'un homme qu'il est essentiel de connaître, que peut-être il faudra perdre, que du moins il faut éloigner.
( Il sort. ) ACOMAT, à ce qui l'entoure.
Le hacha et son conseil intime sont sérieusement occupés; laissons -les faire, et ne pensons qu'au plaisir. Rions ici pendant qu'on soupire là-bas.