SCÈNE XVI
FORVILLE, DERVAL, DUPONT, LISE, Madame DERVAL.
DERVAL, à Forville.
Ah ! mon ami , la céleste figure !
( Il la regarde pendant toute la scène avec le plus vif intérêt. ) MADAME DERVAL, du ton le plus décent.
Je n'aurais pas cru , messieurs , qu'une femme eût à rappeler des officiers français aux procédés qui les distinguent. Vous vous permettez des éclats....
FORVILLE
- Nous étions loin de penser , madame , que nous pussions déranger quelqu'un qui a droit à nos égards. Mon ami, léger, inconsidéré même, mais aussi décent qu'aimable, quand les circonstances l'exigent....,
LISE
C'est bien flatteur pour moi.
FORVILLE
s'empressera sans doute de réparer ses torts.
Peut-être , madame , m'est-il permis de vous en re-
576 LES RIVAUX D'EUX-MÊMES, procher un : c'est de ne vous être pas plutôt montrée. Je n'aurais pas le désagrément de vous avoir déplu.
MADAME DERVAL
C'en est assez, monsieur. Vos manières, votre langage dissipent jusqu'au souvenir d'une légèreté, bien pardonnable à votre âge.
LISE, à madame Derval.
N'est-il pas vrai qu'il est bien ?
DERVAL , à part.
Je n'ai jamais vu de femme aussi séduisante. ( A Fori^ille. ) Selon les apparences , nous ne partirons que tard.
FORVILLE, finement.
Tu commences à sentir que j'avais raison tantôt.
DERVAL
Oui, un peu de repos m'est, je crois, nécessaire. Madame est probablement retenue ici comme nous. Permettra -t- elle qu'on cliercbe à la distraire du petit chagrin que ce contre -temps lui fait sans doute éprouver ?
MADAME DERVAL, hésitant.
Je ne sais, monsieur, si je dois accepter...
LISE
Hé , madame î où est l'inconvénient ? La campagne permet certaines libertés....
DERVAL
Dont nous sommes incapables d'abuser. ( A Dupont, ) Un dîner aussi joli que le permettra le moment. ( Dupont sort. ) Mon ami , je doute qu'on soit