‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 406 sur 441 · SCÈNE XIX · texte numérisé non relu

SCÈNE XIX

LISE

Madame, je me tais.

MADAME DERVAL

Vous VOUS taisez!... ce sont vos réflexions que je vous prie de supprimer. Mais, je veux savoir ce qui a pu vous alarmer dans cet homme , ( la contrefaisant) qui ne vous paraît pas sans conséquence.

LISE

D'abord , madame , c'est un homme charmant.

MADAME DERVAL

Je l'ai vu. Après ?

LISE

Il vous aime.

MADAME DERVAL

Hé ! je sais cela.

Il a le désir de plaire...

MADAME DERVAL

Hé ! qu importe ?

LISE

Et il se flatte de réussir : il m'a même proposé de le seconder.

MADAME DERVAL

Pure étourderie.

LISE

A la bonne heure; mais, un étourdi aimable...

MADAME DERVAL

N'est pas à craindre pour une femme prudente.. c

LISE, à part.

Agée de seize ans.

MADAME DERVAL

Enfin, jusqu'où ont été vos observations? Est-ce sur ces riens que sont fondées vos craintes obligeantes ?

L 1 s E , à part.

Des riens! Il faut déplaire, ou voir comme elle.

MADAME DERVAL

Hé ! parlez , parlez donc. Monsieur Déricourt s'en est-il tenu à des idées générales? Rien de particulier, nulle curiosité , point de questions? Qu'a-t-il dit? Répondez. (Ironiquement^ J'ai le plus grand intérêt à bien connaître cet homme dangereux.

LISE

Vous sentez bien, madame, que lorsqu'on vous a vue , on doit chercher à vous revoir.

MADAME DERVAL

Au fait, par grâce.

LISE

Et pour cela, il faut au moins savoir votre nom.

MADAME DERVAL

Et VOUS avez répondu?...

LISE

Selon vos ordres, madame d'Alleville.

MADAME DER VAL , retenant un soupir.

Vous avez bien fait. Il vaut mieux peut-être qu'il ne me connaisse pas.

LISE

Cependant , madame , cette réponse , que vous approuvez, a amené un petit incident qu'il n'était pas possible de prévoir.

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