‹ Œuvres complètesChapitre 143 sur 414 · SCENE XXII. an · texte numérisé non relu

SCENE XXII. an

LE COLOWEli.

Au fait , citoyen , au fait.

LE CAPITAINE

Je vais maintenant vous parler raison, pour la pre* mière fois de ma vie.

l'a bbesse.

Il est de bonne foi, au moins.

LE CAPITAINE

Vous me trouvez aimable, plein desprit, tout le monde en convient; brave, il n'y a pas' démérite à cela; étourdi, vous avez raison; mais j'ai le cœur excelleut, et c'est d'une grande ressource. Vous pouvez, d'un mot, faire de moi l'homme le plus sensé et le plus réfléchi.

LE COLONEL

Si je fais une pareille métamorphose, je ne doute plus de rien.

LE CAPITAINE

Je vais vous étouner davantage. J'ai pensé, oui , j'ai pensé, et me suis dit : Qu'est-ce qu'un étourdi? c'est un être dont l'imagination vole d'objet en objet, sans s'arrêter à aucun, qui ne jouit de rien, parce que ses désirs n'ont pas de but déterminé; qui embrasse l'ombre, et laisse échapper la^ réalité; qui a le cœur vide et la tête exaltée : suivez -moi, s'il vous plaît.

LE COLONEL

Je ne perds pas un mot.

Et j'ai ajouté : Le bonheur est en nous, Il ne Ê^ut , pour le saisir, que régler ses moyens, au lieu 4'ei^ i «4.

abuser; troquer la frivolité contre un grain de raison; ne point écouter sa tête, et consulter son cœur; ne plus dire de jolies choses à toutes les femmes, mais, s'attacher sérieusement à une seule. Ce raisonnement m'a paru dicté par le bon sens, et j'ai résolu de me marier.

SAlNTE-SCHOLA.STlQUE,àpart.

Il est charmant!

SAINTE-AGICÈS,àpaPt.

Il est adorable!

LE COLONEL

Et le mot que vous attendez, c'est mon consentement?

LE CAPITAINE

Précisément, citoyen.

LE COLONEL

Quand je voudrai du mal à une femme , je lui conseillerai de vous épouser.

LE CAPITAINE

Mais pensez donc que vous faites le procès à l'étourdi, et que vous le confondez avec l'homme raisonnable. Figurez- vous 'votre neveu marié à une femme jeune, jolie et enjouée ; voyez-le dans son petit ménage, toujours tendre et toujours aimé; représentez-vous mon cher oncle passant ses quartiers d'hiver avec nous, et une nièce charmante souriant au récit de ses exploits guerriers. Je vois d'ici le tableau. Vous êtes assis dans un grand fauteuil, les pieds sur les chenets, ma femme est à vos côtés. Elle a une main dans les vôtres , et de l'autre elle soutient un petit

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