SCENE m
JUSTINE
•{ji part.) C'est là. le difficile. (Haut.) As-tu quelquefois entendu parler de ces gens qui dierchetit à faire de l'or ?
DUPONT
Sans savoir conunent ils s y prendront ?
JUSTINE
Ton capitaine est précisément dans <;e cas-là.
DUPONT
Adieu donc les dix mille francs.
JUSTINE
Hé, non 9 non. Monsieur de Montbrun nous aidera. Homme excellent, généreux; mais vif, impatient, et curieux surtout, il saisira, interprétera un mot, un geste, un regard. Je lui indiquerai ce cabinet, qui a deux entrées, d'où il pourra tout voir et tout enr tendre, et les circonstances nous favoriseront, je n'en doute pas. Deux jeunes gens qui passent leur vie ensemble, doivent être bien près de s'aimer et de se le dire, et, faire à la fois leur mariage et le nôtre, c'est un jeu pour l'amour. Et puis, si madame continue à lire Sénèque, elle se délEaiit, en ma faveur, de ses dentelles et de quelques bagues, que décemment elle ne peut plus porter. Vous êtes adroit.
DUPONT
Vous me faites bien de l'honneur.
JUSTINE
Vous insinuez à votre maître que le sage doit dédaigner la fortune, et qu'il n'a rien à faire de plus louable que de plaindre et d'aider ceux qui ne peu-
3oo LES MEMNON FRA.NCAIS.
vent le suivre dans la route de la perfection. Ainsi , de quelque manière que les choses tournent, Dupont dira.' toujours : Versez le moka. Voilà monsieur de Montbruu : laissez -nous.