SCÈNE XII
mentir à Justine , à . vouloir m'armer contre un homme....
ADÈLE, d^nn air de setisfactioD. t
Vraiment, mon cousin!
LUSSAN
Mais , qu'est-ce que cela prouve ? Qu'humiliés de notre supériorité , jaloux du calme inaltérable dont nous commencions à jouir, les conjurés, sentant l'impuissance de s'élever jusqu'à nous, veulent nous faire descendre jusqu'à eux.
Hé bien, cessons de les humilier; ils cesseront de nous poursuivre. Descendre jusqu'à eux est de la générosité, de la compassion, et, lorsqu'à l'aide d'un domino l'on peut se mettre bien avec tout le monde, n'y a-t-il pas de la bizarrerie à refuser de le prendre pour une heure ou deux?
LUSSAN, avec force.
Vous brûlez d'aller au bal.
ADÈLE, avec dépit.
Et VOUS avez pris sur moi un ascendant que vous poussez jusqu'à la tyrannie.
LUSSAN, faiblissant. ,
Moi , Adèle , moi !
ADÈLE
Vous, monsieur, vous. Refuser de me donner la main, n'est-ce pas me cpntraindre à rester ici, à manquer à ma parole, à me; faire passer dans l'esprit de madame d'Esteval pour une femme extraordinaire, «extravagante ?
LCSSAN.--
Que vous importe l'opinion des autres ? ( Tendre'^ ment.) Me voyez-vous ambitionner d'autre estime que la vôtre?
A DÈLE 9 d*ii]i ton caressant.
Ajoutez, par un peu de complaisance, aux sentiments qtie vous m'avez inspirés.
L U s s A KT , avec fo«e.
Non, madame, non , bien décidément non.
ADÈLE
Hé bien , monsieur, je prends mon parti.
. ■ .. LUSSAir, Et leiquel ? ' : ' ^
Je me passerai de vous. • . . ' >
litJSSAN, exaspéré.
Comment, madame.. !
ADÈLE
Et je prierai le baron de vouloir bien m'acèompagner.
LtJSSAif, avec effroi.
"Le baron, madame, le baron! Cest de tous leà hommes celui. que vous devez craindre le plus.
ADÈLE
Et la raison , s'il vous plaît ?
LIJSS.AK, .
Il est très-bien fait , madame.
ADÈLE
Soit ......