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LUSSAN, ADÈLE, JUSTINE, MONTBRUN

sortant dn cabinet.

MOIiTBRDir.

Parbleu, nous en avons eu tous notre bonne part. Comment! c'est parce que tu es amoureux, que tu

ne fais que des extravagances ? C'est parce que tu es amoureux, que ce matin encore tu refusais ta cousine, et que tu me faisais enrager, moi et tous ceux ({ui prennent à toi quelque intérêt? Quel diable d'amour est donc le tien?

JUSTINE

C'est un amour d'un genre neuf, monsieur.

LUSSAN

Que vous dirai-je, mon oncle? Ce goût de la retraite, que j'ai fait partager à ma cousine, n'était que le désir de passer les journées entières avec elle. L'austérité de mes principes n'avait pour objet que de l'éloigner de ces êtres aimables, qui l'environnaient sans cesse. Trop modeste pour être sûr de plaire; trop aimant pour n'être pas un peu jaloux, je la transportais dans des déserts , où elle n'aurait pu aimer que moi. A la première ville où nous nous serions arrêtés, je lui offrais mon cœur et ma main, et je faisais de l'adorer Tunique aflfairç du reste de ma vie.

MONTBRUir.

Avouez du moins, monsieur l'original, qu'il est absurde d'aller chercher à trois cents lieues ce qu'on a près de soi, et que le dessein d'être parfaitement sage est d'un charlatan ou d'un fou.

ADÈLE

Ménagez la sagesseï, mon cher oncle : c'est à elle que je dois la certitude d'être si parfaitement aimée.

MONTBRUN, à Adèle.

J'aurais bien aussi quelques petites choses à te dire , à toi ; mais vous me rendez l'un et l'autre trop

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