SCENE X
me plonger dans de nouvelles erreurs dont tu pusses te prévaloir près cette femme trop facile? Vas, sors; délivre-moi de ta présence. Quelque avenir qui m'attende, j'ai seul le droit de commander ici; çeul j'y suis maître encore. Sors , te dis-je, ou crains les effets de mon ressentiment,
DURVAL, riant.' .
Oui, Thévenin, tu es le maître ici, et tu le seras toujours dans ta miûson : on n'a nul d^ein sur tes immeubles.
THÉVEIÏIK y lai sfmmt )e bras avec force.
Mais tu en as sur ma femme , bourreau ! Toi , tu prétends être à elle! Le vice s'allierait à la vertu; la fausseté à la candeur ; le désir grossier à l'amour pur et délicat !
PURVAL.
Ce portrait est celui de bien des hommes , et je n'irais pas loin pour trouver mon pendant.
THÉVEIVIN.
Ma femme me hait , elle me méprise ; je l'ai mérité , et je ne m'en plains pas ; mais , toi , que t'ai-je fait pour me désespérer? Réponds, réponds.
LA CITOYENNE THÉVENIN
Retirez-vous, Durval; c'est moi qui répondrai à cet homme violent. Allez, mon ami , et sans vous arrêter à sa vaine colère, occupez- vous de nos projets.
THÉVENIN
Malheur à lui s'il fait une démarche !
DURVAL.
Thévenin, on ne m'intimide pas aisément; mais
ce n'est pas le moment de ces explications orageuses qu'une femme ne doit pas entendre. Je continuerai ce que j'ai si heureusement commencé ; je ferai ce que je dois faire , et je vous demanderai plus tard ce que vous pensez de moi.
(U sort en fidsant signe à lu citoyenne Thévenin de ne pas fidUir.)
THÉVEIÎIW, àpart.
U me reste un espoir : ma femme peut n'être pas inexorable. Qu'il tremble si elle se montre inflexible.