ACTE II, SCENE III
nOBRItT.
Il n'en restera rien ! Je compte bien tout garder. On ne paie qu'en sortant : c'est un vieux rébus qu« tout le monde connaît
Mais aveq quoi paieragr^tu , si tu fais cette 4éptfMe infernale ?
iTallons-nous pa3 l^ver des contributions ^ur la crédulité et la faiblesse humaine ? Toute une viU^ , qui a la fièvre, où il n'y a qu'un médecin, et où le corrégidor est un sot qui ne s'oppose à rien ; c'etf une moisson abondante et certaine quç ceU* O'tilleur^ , la nécessité de payer ne me paraît pas démontrée.
MIGHIEL.
Je ne crois pas qu'on puisse en douter.
ROBERT
Ne s'établit- on pas chez l'ennemi à discrétion? Mais, mettons les choses au pis. Supposons que la médecine ne rapporte rien, et qu'il faille enfin payer ; hé bien ! le$ mules paieront , et nou^ méprendrons l'habitude modeste de voyager à pied
MICHEL
Manger les mules ! Mais tu crois donc rester wi six semaines?
ROBERT
ÉoouteZf monsieur le caîsonneur: on vit très*mai dans les pnsons d'Espagne. Un ordinaire réglé, et quelques jours de repos nous fisront le plus graod bien , et nous donneront des fimrœs pour aller plus km.
MICHEL
Mais je n'entends pas que nous perdions ici un temps précieux.
ROBERT
Tu n'entends pas!... tu n'entends pas!... Je te reconnais au bataiHon ; tu dois me reconnaître ici : je suis le maître, je crois?
MICHEL
Il n'y a qu'à te laisser faire ; nous verrons de belles '. choses. '
Quatre jours , mon lieutenant ; rien que quatre jours. Tu vois que je suis de bonne composition.
DUBREUfL.
Oh ! il n'y a rien à dire à cela.
DTJVAL.
C'est raisonnable.
DUBRETTIL.
Très-raisonnable.
MICHEL
Allons donc, quatre jours, puisque vous le voulez; mais pas une heure de plus.
ROBERT
Pas une heure de plus, foi de médecin. Ah ça, il est bon que vous fassiez un tour par la ville: il convient de montrer ma livrée. D'ailleurs, des Français dans une ville d'Espagne font toujours quelques petites observations, qu'on retrouve plus tard.
MICHE L
Il a raison.