‹ Œuvres complètesChapitre 395 sur 414 · ACTE II , SCENE XVIII · texte numérisé non relu

ACTE II , SCENE XVIII

CABLOS, riant; LE GORREGIDOR, stupéfait.

II a ressuscité des morts !

ROBERT

Oui , j'ai ressuscité des morts.

LE GORREGIDOR.

J ai la plus haute vénération pour la médecine ; cependant, ressusciter des morts, c'est un peu fort, seigneur docteur. Vos discours ne seraient-ils pas hyper.... hyper hyperbo....

ROBERT

Hyperboliques?

LE GORREGIDOR.

C'est ce que je disais , hyperboliques.

ROBERT

Pas du tout. Jamais je ne parle de mes talens; mais on m'attaque, et il a fallu se montrer médecin, et plus que médecin.

LE GORREGIDOR.

Oh ! je me suis aperçu d'abord que cette espèce de filou n'est qu'un bavard, et rien de plusj; mais, docteur , ressusciter des morts !

ROBERT

Cela vous étonne? Il n'y a rien de si simple. Qu'estce que la vie? un souffle. Qu'est-ce que la mort? l'absence de ce souffle. Qu'est-ce que la résurrection? le retour de ce souffle.

LE GORREGIDOR.

Cela me paraît très-clairement expliqué.

CARLOS

Vous ne voyez pas que c'est un charlatan qui veut se tirer d'affaire avec de mauvaises plaisanteries!

Mauvais plaisant vous-même , entendez-vous, mon ami.

CARLOS

Et, pendant qu'il vous débite des fadaises, nous perdons de vue l'objet principal, mes équipages , mes mules.

LE CORRÉCIDOR.

Si tu m'interromps encore, je te fais mettre en prison.

ROBERT

Cela devrait déjà être fait.

LE CORRIÉGIDOR, à part , à Robert.

Cela ne tardera pas. {Haut^ Mais , revenons. Vous êtes donc bien sûr, docteur, d'avoir ressuscité des morts ?

ROBERT

Comment, si j'en suis sûr!

LE CORRÉGIDOR

En vérité?

ROBERT

En vérité.

LE CORRÉGIDOR

Parole d'honneur?

ROBERT

Parole d'honneur.

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