ACTE II, SCENE IL g
MADAME VER y AL, se refroidissant par degr^.
Je VOUS en crois sur votre parole.
ROSE, à Champagne.
Et le château de Languedoc ?
CHAMPAGNE, a Rose.
Nous l'avons vendu ce matin.
MADAME VERVAL
Poursuivez , monsieur.
DERCOTJRT.
Mes parens jouissent d'une certaine considération.
MADAME VERVAL
Cela ne prouve qu'en faveur de vos parents.
DERCOURT.
Ah! madame, il est si difficile à un jeune homme, abandonné à lui-même, de se posséder, et d'être sage
MADAME VERVAL
Que vous ne l'avez jamais été.
DERCOURT.
Il est vrai que je me suis permis bien des folies...
MADAME VERVAL
Et que vous allez me promettre d'être l'homme du inonde le plus rangé.
DERCOURT.
Je vous le promets, et je vous le jure par....
Ne jurez pas ce que peut-être vous ne pourriez tenir. Il est flatteur pour moi de vous avoir inspiré le désir de la réforme; mais il ne serait pas prudent
de m'exposer aux suites d'une conversion momentanée, dont le retour pourrait être dangereux.
DERCOURT.
Quoi! vous croyez, madame....
MADAME VERVAL
Je crois monsieur Dercourt très-aimable; je le crois même sincère en ce moment; mais je doute que monsieur Dercourt me convienne. Au reste, j'ai ici un ami véritable, un ami sage et prudent, je le consulterai, monsieur, et son jugement décidera le mien. Rose?
ROSE
Madame ?
■ MADAME VER VAL, feignant.
Ma marchande de modes est venue?
ROSE, la devinant.
Elle vous attend.
DERCOURT.
Madame , je m'aperçois qu'il est temps de me retirer , et je prends congé de vous.
MADAME VERVAL, très-froîdement. •
Monsieur , je vous salue.
( Dercourt sort avec Champagne. )