ACTE II, SCÈNE XIII
DUFOUR
Mais, monsieur Champagne , vous avez là plus de quinze mille francs?
CHAMPAGNE
Eh! ne faut- il pas se dégarnir pour monsieur? N'a-t-on que des bijoux à acheter quand on se marie?
dercourt;
Monsieur voudrait nous tirer jusqu'au dernier écu , et nous prêter ensuite à vingt-cinq pour cent.
CHAMPAGNE
Et par jour.
DERCOURT.
CHAMPAGNE
Monsieur?
ÇERCOURT.
Voilà un effet de quinze mille francs, à deux jours de date. Voyez si monsieur veut s'en accommoder.
DUFOUR
Le profond respect que j'ai pour vous, monsieur....
DERCOURT. i .' :
S'ih refuse, qu'on lui paie ses quatre mille francs, qu'on le congédie, et qu'on m'aille diercher le bijoutier de ce matin. : ' . . :
DUFOUR*
J'accepte, monsieur Champagne, j'accepte.
CHAMPAGNE
Voilà votre argent , voilà le billet ; bonjour.
DUFOUR, à part , serrant les assignats.
Mes déboursés sont dans ma poche, je puis attendre
ii8 CONTRE-TEMPS SUR CONTRE-TEMPS.
le reste. {Haut^ d^un ton suppliant. ) Monsieur Dercourt ne m'en veut pas?
CHAMPAGNE
Au contraire, monsieur vous en veut beaucoup.
DUFOUR
Je ne sortirai pas qu'il ne m'ait pardonné.
DERCOURT.
Je vous pardonne donc, pour me défaire de vbns
DUFOtJR.
Vous me conserverez votre pratique ?
CHAMPAGNE, le poussant débats.
Nous verrons cela.
DUFOUR
Parlez pour moi , monsieur Champagne , j'en sera reconnaissant.
CHAMPAGNE, le poussant.
Je parlerai! Mon billet, fripon.
DUFOUR
Quel billet!
G H A M P A G N £, le poussant.
Celui que je t'ai fait aujourd'hui.
DUFOUR
Qiiànd je toudberai ce. qui me reste dû.
CHAMPAGNE, le jetant dehors.
Que le diable t'emporte !