‹ Œuvres complètesChapitre 91 sur 414 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

ROSE, CHAMPAGNE

ROSE

Tu me cherches , et je t'évite.

CHAMPAGNE

Vous me feriez croire que je suis dangereux.

ROSE

Toi? pas du tout.

CHAMPAGNE

Vous vous défiez donc de vous-même ?

ROSE

Encore moins.

CHAMPAGNE

Et vous prenez la fuite pour vous dispenser de cet aveu.

ROSE

J'ai toujours craint de dire des choses désobligeantes.

Je suis plus brave que vous.

R os E, Comment ?

CHAMPAGNE

Je vous déclare de pied Çgrme que nous ne pensons plus à vous , et que nous nous soucions fort peu de la

i36 CONTRE-TEMPS SUR CONTRE-TEMPS.

manière dont vous prendrez la chose* ( A part. ) Tu me céderas la place.

ROSE

Tout de bon ?

CHAMPAGNE

Je suis fâché que madame Verval se soit retirée avec tant de précipitation. Je lui aurais déclaré avec le plus beau sang-froid que nous rompons sans retour avec la maîtresse et la suivante.

ROSE

Faquin !

CHAMPAGNE

Nous sommes comme cela. Nous avons fait nos réflexions; le mariage ne nous convient pas. Ce n'est point dans l'âge des plaisirs qu'on se lie : des hommes tels que nous se doivent à la société. Allez, allez dire à madame Verval que nous sommes pour elle de la plus belle indifférence.

ROSE, avec dépit.

Vous VOUS souviendrez de ce que vous tne dites là.

Je m'en souviendrai? Si vous l'exigez, nous renoncerons à vous par-devant notaire.

ROSE, avec une colère concentrée.

L'aimable petit homme à qui je voulais me donner!

CHAMPAGNE

N'y mettez donc pas d'humeur : vous feriez croire que vous me regrettez.

ROSE

Te regretter, toi?

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